angles de vue...

Point de vue africain sur des questions de la culture et de l'actualité. Petit journal des idées de l'auteur. Les rêves et l'imagination d'un homme qui a vu sourire les étoiles et qui s'est promis de sentir le parfum de toutes les matinées embaumées.

10 mai 2009

Un journaliste francophone dénonce la "fornication"

Un journaliste francophone dénonce la "fornication "

Quand La Dépêche de Kabylie  rétablit l’ordre 

 

Fornication_as_a_crime

              Les catégories selon lesquels les problèmes sociaux sont posés depuis quelques années au Maghreb n’appartiennent souvent pas aux cultures locales mais à un fonds idéologique qu’on pourrait appeler le « basic islamism ». Je veux dire que cette culture générale islamiste travaille non seulement les militants convaincus et engagés dans le combat pour l’instauration d’un état théocratique, mais surtout les intellectuels demi-savants et leur sens commun, ou, pour parler comme un copain, les « intellectuels des mots croisés ».  On peut voir à l’œuvre ces catégories dans la façon qu’a un journal régional, diffusé uniquement en Kabylie, de traiter de la question de la sexualité à Béjaïa (ville côtière). Il faut rappeler que ce quotidien, La Dépêche de Kabylie, a été fondé par un ancien député ayant appartenu à l’un des partis d’opposition démocratique les plus connus d’Algérie, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), présidé par le Dr Saïd Sadi.
La Dépêche, journal francophone et progressiste, pense ainsi un phénomène somme toute banal (une femme et un homme qui font l’amour dans un lieu discret) dans le langage religieux du Moyen-Age. Il parle de « fornication » et associe la chose immédiatement et irrémédiablement aux « fléaux sociaux » (lire al afât al idjtima’iyya) et à la « prostitution» (lire arradhîla, al fahicha, etc.). L’article est écrit par un(e) journaliste, A. Gana, sûrement très heureux (se) de dénoncer « le blâmable » (al mounkar) et de criminaliser les rapports sexuels. Il va plus loin en parlant non seulement d’alcool (le chapelet des vices est déroulé), mais d’un « poison » qui pollue la vie des citoyens. L’amour, un poison ? Comment alors ne pas penser qu’au Maghreb, c’est la démocratie qui a été islamisée ?
 
_________


Aokas

Trois personnes arrêtées pour création de lieu de débauche
   
Un sexagénaire, retraité, répondant aux initiales de M. B., et une jeune femme de 33 ans, Al. H, tous deux natifs de Béjaïa, ont été surpris en flagrant délit de fornication par les éléments de la sûreté de daïra d’Aokas dans un camping familial situé en bord de mer de la même localité. Ayant eu des échos quant à l’utilisation de ce camping de lieu de débauche, par le gardien, B. A., 46 ans, natif de Kherrata, les services de police ont mené leurs investigations avant d’intervenir dans la journée du jeudi matin vers 10h pour surprendre ce couple en pleins ébats au moment où ledit gardien faisait le guet. Selon la police, ce dernier aurait avoué qu’il louait les deux chambres se trouvant à l’intérieur du camping, servant en période estivale de bureaux, à des couples illégitimes moyennant une contrepartie financière oscillant entre 400 et 1 500 dinars la passe.
Les trois acolytes ont été arrêtés avant d’être présentés, dans la matinée d’hier, au procureur de la République près le tribunal de Béjaïa, lequel avait mis sous mandat de dépôt le gardien pour le grief de création de lieu de débauche et convoqué en citation directe les deux autres.
Ce phénomène de prostitution et de création de lieux de débauche a tendance à prendre des proportions alarmantes dans la région du littoral au même titre que les boutiques de vente de boissons à emporter, lesquelles se métamorphosent en bars clandestins pour certains. D’ailleurs, selon le chef de sûreté de daïra, ses services, en collaboration avec les services de la DRAG de Béjaïa, ont procédé à la fermeture administrative de 11 débits, dans la commune d’Aokas, depuis le début de l’année pour des fermetures allant de un à trois mois ceci pour mettre un terme aux dépassements constatés çà et là.
Il semblerait que les services de police aient repris du poil de la bête pour éradiquer tous les fléaux qui empoisonnent la vie des citoyens.

A. Gana

 
Source

 

 

Posté par Naravas à 17:53 - NOUVELLES DU MAGHREB - Commentaires [22] - Permalien [#]

Commentaires

    La Débauche de Kabylie, ce journal républicain ...

    Et pendant ce temps, ce pays est occupé à donner logements, locaux et métiers à des barbus qui avaient pris le maquis.

    Faites la guerre et non pas l'amour !

    Que ce message islamo-bouteflikien soit relayé par un journal de "démocrates", c'est un comble qui ne fait pas toujours rire.

    Mais peut-être que ce journal tente de faire oublier son sobriquet: il parait que dans la région, on le surnomme "La Débauche de Kabylie".

    Posté par Abd El Maakir, 11 mai 2009 à 17:00
  • Possible

    mdrrrr !
    Oui, peut-être, rien n'est impossible avec les demi-savants lol !

    Posté par Naravas, 11 mai 2009 à 18:48
  • Quand les musulmans osaient...

    http://unclownlyrique.blogspot.com/2007/11/louange-dieu-qui-mis-le-plus-grand.html

    Posté par mohamed, 17 mai 2009 à 11:22
  • Il était une fois des musulmans qui "forniquaient"

    Autre temps, autres moeurs mohamed lol !
    J'ai laissé un commentaire concernant Nafzawi sur ton blog (lien ci-dessus)

    NVS

    Posté par Naravas, 18 mai 2009 à 00:08
  • Salut Naravas,

    Il est intéressant de lire l'article avant que de lire le commentaire que tu en fais: pourquoi transformer en oppression de l'amour une sordide affaire de prostitution et de fermeture d'un lieu de passe clandestin, qui s'il se situe aux abords d'un petit village crée certainement de nombreux désagréments?

    Et en quoi le fait que l'article soit écrit en français change la donne quant au contenu? Le schéma de pensée et la prise de position devraient-ils en être différents?

    Par ailleurs, il me semble que "délit de fornication", c'est le terme juridique officiel et que le journaliste n'a pas choisi de faire dans la littérature médiévale mais a juste nommé un chat, un chat.

    Enfin, ce qui m'intrigue le plus personnellement c'est l'attachement du journaliste à préciser les villes de naissance des protagonistes...

    Posté par Malak, 18 mai 2009 à 15:02
  • Bio-pouvoirs

    Bonjour Malak,

    Le contexte historique de l'article est en effet d'une importance capitale pour donner du sens aux mots qu'ils contient :

    - Contexte 1 : L'affaire se déroule en Kabylie, région réputée la plus encline à la démocratie et à la modernité en Algérie, notamment à travers une scolarisation de longue date (époque coloniale), à travers une émigration active et enfin à travers une élite intellectuelle francophone. Or, ici, on voit un/une journaliste francophone reproduire les mêmes clichés moyennageux à propos de la sexualité (que les autres journalistes du pays) et surtout soutenir la répression étatique des plaisirs.

    - Contexte 2 : Il faut savoir que l'état algérien organise depuis la montée de l'intégrisme islamiste une répression dirigée contre les jeunes qui s'embrassent ou qui s'aiment, dans les jardins publics et dans les cafétérias, répression appelée "chasses aux couples". Des gendarmes et des policiers sanctionnent des hommes et des femmes coupables à leurs yeux de s'aimer, de faire l'amour, de s'embrasser, etc. Bref, toutes ces choses que Mai 68 a balayées en France. Un baiser en public vaut à ses auteurs comparution devant un tribunal et condamnation.

    - Contexte 3 : En fait, c'est le journaliste qui travestit les faits. Là-bas, aux yeux de la morale conventionnelle, tout est "prostitution" : une femme surprise dans les bras de son amoureux est "pute", une fille qui sort avec son copain est "prostituée", etc. Les faits sont les suivants : un homme et une femme adultes sont surpris entrain de faire l'amour dans un lieu discret. Il faut remarquer qu'ils ne dérangent personne (lieu très retiré) et surtout qu'ils sont consentants ! En France, cela ne constitue aucune infraction à la loi, aucun délit. En Algérie islamiste, c'est une fahicha !!! Et c'est cela le côté religieux de l'affaire.

    - Là, on ne va peut-être pas être d'accord : la "fornication" est un terme religieux, directement emprunté au vocabulaire (chrétien ensuite) du Coran et de ses commentateurs du Moyen Age. Ce n'est un terme juridique dans aucun pays démocratique. Il n'est juridique que dans les pays empruntant une grande partie de leur droit à la charia.

    - Je voulais dire par ce commentaire qu'une idéologie religieuse préside à l'appréhension des faits, précisément parce que nous sommes en pleine période de triomphe de l'intégrisme islamiste en Algérie, malgré le fait qu'il soit vaincu militairement. Etre moderne, démocrate et contemporain signifie, pour la société et pour l'état, que chacun soit libre d'utiliser son corps comme il l'entend (sans nuire aux autres): qu'il l'enferme dans un tchador ou qu'il l'emploie à se procurer du plaisir hétéro, homo, ou bizarro sexuelle, cela le regarde, tant qu'il respecte la Loi et qu'il ne nuise pas à ses semblables ! La répression, c'est d'abord gouverner les corps et gérer collectivement les sexes, comme l'atteste le tabou de la virginité... C'est une partie de mon corps, mais je ne peux pas l'utiliser comme je veux, car une autorité supérieure (Dieu, l'Etat, le Groupe) me dicte ce qu'il faut que j'en fasse...

    Posté par Naravas, 19 mai 2009 à 23:13
  • L'honneur de la tribu

    Bonjour Malak,

    Vous dites : " Enfin, ce qui m'intrigue le plus personnellement c'est l'attachement du journaliste à préciser les villes de naissance des protagonistes... "

    C'est un élément que je n'avais pas retenu durant ma lecture car cela me semblait tellement "en phase" avec les implicites culturels de l'Afrique du Nord.

    Je vous en remercie donc.

    Quant à la réponse, elle tient en peu de mots:

    l'individu n'existe pas dans cette contrée; c'est sa famille, son quartier et son village qui entrent encore dans le terrible jeu de la formation des "réputations" et l'appréciation collective des personnes (la sum'aa, bint ou wliid familya, etc.) Et l'Etat y ajoute du sien, au gré des vents conservateurs et islamistes.

    Donc si Ali, Aziz ou Karima "fautent", le blâme revient sur leurs familles, leur quartier, et leurs villages.

    Cela s'appelle L'honneur de la tribu. Et ce(tte) journaliste ne fait que l'exciter. Encore heureux que les noms et les visages se soient pas désignés à la vindicte populaire.

    Posté par Abd El Maakir, 20 mai 2009 à 15:01
  • Le mot et la chose

    @ Romulus

    Je sais que le mot existe en latin et qu'il est la traduction du mot arabe "zina" qui, lui, est incontestablement coranique. J'ai fait un tour au TLF avant d'écrire cela.
    Ceci dit, je ne faisais pas de l'étymologie, qui n'est pas bonne conseillère en la matière.
    Mais je maintiens que les deux notions de zina et de fornication sont définitivement religieuses et appartiennent au vocabulaire théologique, combien même les mots qui les désignent remonteraient à avant le Coran ou à avant la Bible. Les bonnes encyclopédies et dictionnaires soulignent d'ailleurs le domaine dont relève cette terminologie en mettant RELIG ou THEOL (religion ou théologie) devant l'entrée. Qui peut parler aujourd'hui de zina sans avoir en tête les versets "wa la taqrabou azina..." ?
    Quant à la démocratie et à la modernité, si, elles impliquent sans ambiguïté les libertés individuelles, parmi lesquelles le droit à utiliser son corps comme on l'entend. Que la Grèce ou l'Egypte antiques interdisent la "fornication", cela ne change rien au problème qui nous préoccupe, la démocratie actuelle n'étant absolument pas l'équivalent de la démocratie grecque.

    Le fait est que ce/cette journaliste pense un problème social en termes religieux, c'est à dire en mobilisant des catégories conceptuelles élaborées par les commentateurs du Coran du Moyen Age. Cela n'est ni la seule, ni la meilleure manière de le faire.

    Petite remarque : je n'aime pas ton ton moqueur, je suis humain, je fais souvent des erreurs, mais il n'y a pas là matière à risée...

    Posté par Naravas, 20 mai 2009 à 23:00
  • Séduction

    Naravas,

    Pour abonder dans ton sens, il suffit de se rappeler cette interférence français/arabe coranique dans la scandaleuse loi contre la conversion (et le "prosélytisme") en Algérie:

    le texte parle de "moyens de séduction" ! (gros [SIC])

    Posté par Abd El Maakir, 20 mai 2009 à 23:28
  • Je me moque pas je joue :-(

    C'est de l'humour t'inquiète. Mais soyons sérieux.
    toi :
    "Ceci dit, je ne faisais pas de l'étymologie, qui n'est pas bonne conseillère en la matière."
    moi :
    Mais si tu en parlais plus haut, je n'ai fais que de te rattraper et puis l'étymologie ça aide tu sais pour comprendre le sens d'un mot et donc d'un problème.
    toi :
    "...cela ne change rien au problème qui nous préoccupe, la démocratie actuelle n'étant absolument pas l'équivalent de la démocratie grecque."
    moi :
    C'était une info pour te recadrer dans le temps. Et maintenant dans l'espace, que je sache la présumé démocratie algérienne n'est pas la démocratie française. Alors pourquoi penser français pour des algériens? Ta modernité n'est pas forcément celle des autres.
    toi :
    "...c'est à dire en mobilisant des catégories conceptuelles élaborées par les commentateurs du Coran du Moyen Age. Cela n'est ni la seule, ni la meilleure manière de le faire."
    moi :
    Ah. Mais les commentateurs on s'en fou, je te parlais du texte coranique. Quant à savoir si c'est la meilleure manière ou non c'est aux arabes de savoir ce qu'ils veulent. D'après ce que je vois, ils ont du mal à s'entendre dans bien des domaines.

    Posté par Romulus, 21 mai 2009 à 01:05
  • Le constat est moins grave en Tunisie, mais ça existe. Mettons qu'il est préférable d'aller faire l'amour dans un hôtel (en prenant des chambres séparées et en se rejoignant la nuit) ou dans un appart que dans un endroit reculé et discret, où on a plus de chances de se faire insulter que de se faire embarquer. En somme l'amour c'est pour les riches!
    Quelle dommage car faire l'amour était parti pour être la seule distraction gratuite qui nous reste. (A ce train je vais faire la fortune de mon agence de voyages , aller à l'étranger ça reste quand même le meilleur moyen pour forniquer tranquille)
    Pour s'embrasser on peut se contenter par contre d'un endroit discret et reculé.
    Ce qui m'embête dans tout ça c'est que tout devient source de zina et tout encourage la fornication. Si on est contre la polygamie on encourage la fornication le divorce et les familles décomposées, si on porte des t-shirts pareil, si on est pour la laicité, si on est athée, si on regarde des chaînes européennes même chose.
    Tout est une menace, comme s'il n'y avait autour de nous que des ennemis de la foi et que leur but ultime est de détruire l'islam (alors qu'ils y arrivent très bien tous seuls comme des grands)

    Posté par trainspotting, 21 mai 2009 à 02:14
  • "Penser français"

    @ Romulus :

    - L'étymologie permet de faire l'histoire d'un signifiant, pas celle d'un signifié, encore moins celle d'une notion. Sa démarche n'est à confondre ni avec l'épistémologie, ni avec l'histoire culturelle. En termes de vigilance épistémologique, c'est un exercice scolaire dont il convient de se méfier, plutôt que d'en entériner les fausses vérités. Plus sérieusement, si tu crois que la notion de fornication est la même dans le monde romain païen, dans le christianisme primitif et chez les Musulmans du Moyen Age, tu fais de l'anachronisme. Paul Veyne avait par exemple démontré que notre notion de famille est complètement étrangère au monde romain préchrétien. Du coup, les notions de fidélité, de fornication qui en découlent sont complètement déportées.

    - Pourquoi penser français pour les Algériens ? D'abord, la pensée n'a pas de nationalité. Je ne pense pas français, je pense tout court. Ensuite, je ne crois pas que la modernité, la démocratie ou même la République soient françaises, en dépit de la contribution des penseurs français à tout cela. Ce que tu identifies comme étant français appartient aujourd'hui à un patrimoine universel de l'humanité. Il n'y a pas que je sache que l'Hexagone qui aspire à la liberté, à l'égalité, au droit à utiliser son corps comme il l'entend. Une forme de démocratie vécue est pratiquée depuis des siècles dans les djemaa des montagnes kabyles et chez d'autres populations d'Algérie. Maintenant, je te renvoie le reproche : ce n'est que par un racisme culturel que tu catalogues ces notions comme étant "françaises" et donc étrangères au monde islamique. Et du coup, des gens qui pensent en termes de liberté et de modernité t'apparaissent comme étant des excroissances contre-naturelles de leur société : c'est pourquoi tu dis "ta modernité n'est pas celle des autres". Non mon cher, c'est là que tu te trompes, ma modernité est justement celle des autres, de ceux-là qui, en Algérie comme au Maghreb, luttent pour un mieux-vivre de leur société, confrontés en cela aux pouvoirs corrompus en place et aux islamistes intégristes. Malheureusement, seuls les "islamistes intégristes" sont authentiques aux yeux d'une certaine intelligentsia française, ceux qui défendent la "démocratie" ne sont que des "occidentalisés" acculturés et étrangers à leur propre société. Bonjour le racisme culturel...

    - Les commentateurs, on s'en fout ? Par cette phrase, tu confesses que tu n'es pas introduit aux problèmes théologiques et historiques de l'islam. En réalité, à peu près tout le monde scientifique s'accorde pour dire cela, nous ne percevons le Coran et la Sunna qu'à travers l'écran interprétatif élaboré au Moyen Age. Sans Tabari, Bukhari et Muslim, Massoudi, Ibn Hicham, etc. peu de termes coraniques sont déchiffrables. L'effort des islamologues contemporains consiste justement à remettre en cause, à subvertir, à interroger de façon critique cet écran idéologique élaboré après coup, plusieurs siècles après le Coran. Et c'est là le hic car, à la différence des islamologues (musulmans et non musulmans), deux autres tendances se réfèrent exclusivement à cet écran moyennageux pour légitimer les interprétations les plus rigoristes et les plus rétrogrades de l'islam : ce sont les conservateurs (comme ce cheikh) et les intégristes islamistes. Alors, quand je parle de Moyen Age, ce n'est pas un terme péjoratif pour qualifier une pensée qui me déplait : je parle au sens propre !

    - "Les Arabes ont du mal à s'entendre" : c'est l'un des plus puissants clichés orientalistes dénoncés par Saïd. Mon cher, c'est très dangereux pour une société de "s'entendre" sur quelque chose. Les sociétés sont traversées par des dynamiques et des luttes, il y a conflit sur l'interprétation publique de la vérité, confrontation sur le plan scientifique, etc. Pour le moment, dans le domaine politique, ce sont des pouvoirs despotiques qui gouvernent des populations dans les pays arabes et il est normal qu'ils ne "s'entendent pas" (je te paraphrase), ils ne sont pas l'émanation de leurs peuples.

    Bien à toi,

    NVS

    Posté par Naravas, 21 mai 2009 à 09:42
  • Fonds commun

    @ Abd El Maaker et trainspotting :

    Vos analyses donnent à voir que vous connaissez bien les problèmes dont on parle ici. En effet, pour condamner une chose, il suffit de l'assimiler implicitement à la sexualité : on condamne le prosélytisme évangélique pour séduction...pas sexuelle mais presque lol !

    Pour la Tunisie, il faut remercier le tourisme Ceci dit, je ne crois pas qu'il y ait de grosses différences entre les deux sociétés. L'Algérie a aussi une puissante élite moderniste et là-bas aussi on peut aller dans un hôtel, moyennant une réprobation collective implicite ou exprimée. Il y a plus de ressemblances aussi bien dans le développement de l'intégrisme musulman, du sens commun islamiste que dans la morale sexuelle ambiante. Le fonds commun reste très maghrébin...

    Posté par Naravas, 21 mai 2009 à 09:55
  • J'ai compris

    Sur l'étymologie je comprends bien, c'est bien de dire que chaque société peut aborder certaines notions différemment mais ce n'est pas forcément juste.

    Sur la comparaison pensée française et algérienne, c'était une métaphore qui te place au centre du problème mais bon je vois que ta pas suivi. Biensûr que la pensée et certaines valeurs dont tu parles sont universelles, il reste qu'il existe des variantes. Donc tu vois c'est pas du racisme culturel mais n'assimile tout à votre idéologie.

    Si je comprends ce problème "d'écran" mais il n'est valable que là où il est pratiqué. Moi perso j'ai lu ce coran sans "cet écran".

    Je disais s'entendre dans l'absolu, je sais bien qu'ils ont de gros problèmes mais je ne parlais pas que de ça.

    Posté par Romulus, 21 mai 2009 à 11:39
  • De la direction du vent

    @ Naravas

    Merci de ta réponse mais tu seras peut-être surpris de constater que je ne suis pas en désaccord avec les points que tu crois.

    A commencer par le premier: la Kabylie réputée pour ses inclinations démocrates et modernistes? Punaise, il y a vraiment des réputations surfaites... Que ce soit en Algérie ou en France, je n'ai que rarement rencontré de Kabyles dignes de cette réputation. Ou alors j'ai un problème de définition des termes modernisme et progrès.

    Ensuite, je ne veux pas défendre stérilement l'Algérie et ses travers, elle a fait et fait assez de malheureux dans ma famille, mais tu sais-toi même que les acquis de mai 68 sont remis en cause aujourd'hui en France. N'associe-t-on pas souvent les termes laxismes et abandon aux résultats de ces journées? Des progrès, oui il y en a eu, mais le retour de bâton se fait sentir quelques quarante ans plus tard.
    Et fornication est un terme jurdique encore aujourd'hui dans la loi américaine. Obsolète mais présent.

    Pour le reste, je ne peux qu'acquiescer.

    @ Abd El Maakir

    Je te sais gré de ces précisions qui me confortent dans mon opinion sur l'orientation du vent de modernisme et de progrès qui souffle sur Kabylie! Il faut croire qu'il vient de l'est, du coeur de l'Arabie tribale où la géolocalisation est primordiale dans l'appréhension de l'individu.
    En fait ma remarque était plus ironique qu'autre chose.

    Posté par Malak, 23 mai 2009 à 20:57
  • J'aime...

    ...mettre des coups de pression à la langue française et truffer mes commentaires de fotes d'aurtografe pour le plaisir de ceux qui me lisent.
    Pfff...

    Posté par Malak, 23 mai 2009 à 21:02
  • L'Autorité

    Bonsoir Malak,

    Sur la réputation de la Kabylie, je dirais qu'elle est en effet exagérée. Il n'en demeure pas moins que, dans le moment présent, les partis démocrates de l'opposition algérienne sont principalement implantés en Kabylie, où ils ont leur assise sociale. Ca pourrait vite changer, pour une raison : l'islamisme gagne silencieusement du terrain en Kabylie...

    Mai 68, oui, il y a toujours eu des désaccords entre sociologues et entre philosophes sur l'interprétation de ces évènements, les uns voyant une vraie révolution là où les autres décelaient une révolte d'étudiants petits-bourgeois. Mais si tu fais référence, non pas à ces débats, mais à ce tapage médiatique organisé par la Droite sous le règne de Sarkozy, qui accuse Mai 68 à peu près de tous les maux dont souffre la France, et qui vise à rétablir "l'Autorité" sur fond d'idées "extrêmes-libérales" avec culpabilisation des émigrés, si tu fais référence à cela, c'est d'un usage politicien de mai 68 qu'il s'agit...

    Pour la loi américaine, je crois qu'elle comporte plus d'un travers religieux...Ce n'est pas un hasard si ce pays est agité par un fondamentalisme évangéliste, au moment où les nôtres sont la proie de fondamentalismes islamistes.

    Posté par Naravas, 24 mai 2009 à 00:05
  • La remise en cause de mai 68 dont je parle est plus ancienne que les nuisances de l'autre nabot à la tête de la France. Je me rappelle très bien les réflexions nées de l'explosion du nombre de divorces, de familles monoparentales ou recomposées. A l'école primaire, je me rappelle que la moitié de mes camarades étaient sujets à la garde alternée, grande époque.

    Pour la simultanéïté des agitations fondamentalistes, qui n'ont de religieux que l'étiquette, elle n'est pas fortuite effectivement et n'est que manipulation politique.

    Posté par Malak, 24 mai 2009 à 10:59
  • Et puis quelle faute!

    Et oui Naravas, le mot fornication vient du latin "fornicatio" depuis le mot "fornix" qui désignait d'abord la prostitution de celle qui se tenait sous les porches dans la Rome antique. C'est les chrétiens qui ont formé ce mot de droit pénal dans l'empire et qui par la suite va s'étendre à tout rapport hors mariage car il va évoluer jusqu'à la Bible. Mais cet interdit existait déjà par ex dans l'Egypte antique il existait des lois contre la fornication mais son terme était différent pour désigner ses actes sexuels, c'est normal leur langue n'était pas latine. Et même si la grèce et la Rome antique étaient plus tolérante il s'avère que des législations encadraient la débauche. Ainsi fornication n'est pas coranique c'est la traduction de "zina" qui désigne relations hors mariages pour les arabes. Puis aujourd'hui il semble que les états musulmans diffèrent dans leur application du Coran, et donc dans des pays on l'interdit pénalement la fornication, et pour d'autres seule la société régit l'interdit. Il reste que interdire une chose considérée comme un tort n'est pas contraire à la démocratie.

    Posté par Romulus, 16 juillet 2009 à 16:00
  • Latin et chrétien

    @ Romulus
    Je verserai une petite pièce à ce dossier "etymologique". C'est un extrait du TLF, que voici :

    Étymol. et Hist. 1re moitié XIIe s. fornicatiun (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, LXXII, 26). Empr. au lat. chrét. fornicatio de même sens, déjà en lat. imp. au sens de « action de cintrer, voûte, cintre » (de fornix « chambre voûtée [comme en habitait le bas peuple, notamment les prostituées] »).

    chrét.= chrétien

    Posté par Naravas, 17 juillet 2009 à 23:51
  • vous n avez qu a relire la constitution algerienne

    Art. 2 - L’Islam est la religion de l’état.

    Article 9 - Les institutions s’interdisent :

    - les pratiques féodales, régionalistes et népotismes,

    - l’établissement de rapports d’exploitation et de liens de dépendance,

    - LES PRATIQUES CONTRAIRES à la morale islamique et aux valeurs de la Révolution de Novembre.

    dans la revision constitutionnelle de 2008

    Art. 12. L'article 178 de la Constitution est amendé et reformulé comme suit :

    « Art. 178. . Toute révision constitutionnelle ne peut porter atteinte :

    1 . au caractère Républicain de l'État ;
    2 . à l'ordre démocratique, basé sur le multipartisme ;
    3 . à l'ISLAM, en tant que religion de l'État ;
    4 . à l'arabe, comme langue nationale et officielle ;
    5 . aux libertés fondamentales, aux droits de l'Homme et du citoyen ;
    6 . à l'intégrité et à l'unité du territoire national ;
    7 . à l'emblème national et à l'hymne national en tant que symboles de la Révolution et de la République. »

    Si vous avez a coeur la constitution d un pays étranger n en parlez pas comme si il s agissait des valeurs de l Algerie et des Algeriens et ne faites pas semblant d etre soucieux du sort de l Algerie alors que vous ne devez en avoir que la nationalité ( ? ) si vous ne savez pas pourquoi nos parents ont ete deportés torturés et tués taisez. Je me demande quel role vous auriez joué pendant la revolution Algerienne...si il y a des Algeriens qui ont publiés remetez vous en question...

    Posté par ????, 23 juillet 2013 à 08:55
  • Dégage! Va chanter Qasaman!

    Tu nous récites ton catéchisme nationaliste? Écoute, on ne peut pas discuter, parce que tu n'as pas le niveau pour ça. Tu réfléchis encore avec des slogans. Merci de ne pas revenir ici

    P.S.: À ta question de savoir quel rôle aurait joué Naravas dans la Révolution algérienne, là sa place je t'aurais répondu : jouer le rôle de traître est un devoir et un honneur devant des "moustachus mentaux" comme toi!

    Posté par Hbibo, 22 décembre 2013 à 18:38

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