angles de vue...

Point de vue africain sur des questions de la culture et de l'actualité. Petit journal des idées de l'auteur. Les rêves et l'imagination d'un homme qui a vu sourire les étoiles et qui s'est promis de sentir le parfum de toutes les matinées embaumées.

14 avril 2010

« Assassinats » mystérieux de mendiants sur les Champs Elysées

« Assassinats » mystérieux de mendiants
 
sur les Champs Elysées

 

sdfLes restaurateurs parisiens, particulièrement ceux de « la plus célèbre avenue du monde », donnent depuis plusieurs années une consigne étrange à leurs employés. A la fin du service, le chef charge ces derniers de rassembler la nourriture invendue dans des sacs en nylon et de l'arroser... d'eau de Javel (ou d'un produit équivalent). Cette pratique, fréquente au sein des chaînes de restauration et de restauration rapide, vise, intentionnellement cela va sans dire, à empêcher les mendiants qui fouillent après minuit dans les poubelles de manger la nourriture non servie. Le principe est simple : on détruit ce qui n'est pas échangé contre de la monnaie sonnante et trébuchante.

Les raisons de santé qui pourraient être invoquées pour expliquer ce comportement ne sont pas satisfaisantes. Le mendiant, s'il n'était pas empêché par le chlore, aurait mangé à minuit ce que le client a mangé à 23h30. La nourriture ne se détériore pas en l'espace d'une demie heure. Certains clients, d'ailleurs, ne mangent pas sur place, préférant emporter avec eux leurs plats ou leurs sandwichs. De plus, la responsabilité juridique du restaurateur n'est pas engagée. Dans tous les cas, le mendiant mangera à peu près tout ce qu'il trouvera de "comestible" au fond de sa poubelle, quelque soit son état et quelque soit la conduite du restaurateur. Au contraire, mettre du chlore s’apparente à une tentative d’empoisonnement…
 
La seule explication qui me semble valable est celle d'un capitalisme honteux qui s'assume : « tu ne payes pas, tu ne manges pas. Tu risques de mourir ? Eh bien meurt, ta vie ne rapporte pas de l'argent, elle n'est pas utile au capital. » Et, effectivement, les mendiants meurent, tandis que des tonnes de nourriture chlorées sont jetées dans les ordures.
champs_elyseesJ'ai vécu dans une société traditionnelle où j'ai connu des chasseurs. Ces derniers donnaient plus de chance à leur gibier « non humain » que les restaurateurs aux mendiants « humains ». Non seulement ils lui laissaient une chance de s'en sortir, mais ces paysans qui vivaient en harmonie avec la nature, laissaient toujours une petite partie de leur récolte pour, disaient-ils, « nourrir les animaux » (par exemple, une branche de vigne pleine de raisins laissée exprès pour les oiseaux).
 
Une question éthique pour le pays des droits de l'homme : doit-on sous prétexte de pauvreté « assassiner » des mendiants ou les laisser mourir de faim, après les avoir laissés mourir de froid ?

 

Naravas

Posté par Naravas à 05:21 - LU, VU, ENTENDU - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

    que choisir ?

    Bonjour,
    Si le capitalisme laisse les gens mourir parce qu'ils ne sont pas rentables, le socialisme ou les pays musulmans les laissent à moins de leur forcer la main de suivre leurs préceptes. c'est--à-dire, suis ou meures ! franchement entre les 2 mon coeur balance...

    Posté par soucieux, 14 avril 2010 à 12:32
  • Quel crime !

    @soucieux
    Le dualisme capitalisme/islamisme ou capitalisme/communisme me rappelle, à on malheur, les discours journalistiques devenus indigestes à force d'être remastiqué indéfiniment.
    Le discours est le suivant: Vous n'êtes pas contents de ce qui a cours comme inhumanisme et sauvagerie avec le modèle néolibéral, vous pouvez vous tourner vers la Corée du Nord.

    Quelle étroitesse d'esprit !

    Ledit communisme ne fut en aucun cas ni communisme, ni socialisme. C'était du dirigisme étatique pur et dur, pourri par trop de bureaucratie et de course vers l'armement. Mais le mal venait surtout du déni absolu de démocratie par les états qui l'ont essayé (bloc de l'Est).

    Franchement, se tourner vers ce débat idéologique n'a aucun sens. Le problème est clair: il y a de la nourriture, on préfère la jeter quand elle n'est pas vendue. ça va à l'encontre de l'Humanisme. Après la question est la suivante: sommes-nous des être humains, ou alors des Homo Economecus?

    Merde à la fin !
    Paris me fait honte. Les matinée hivernales découvrent tout son côté lépreux. Ces mendiants qui se lovent autour d'une maigre source de chaleur, le métro... Les gens qui détournent leurs regards d'eux...

    @Navaras
    Jean Ziegler a travaillé pendant de longues année à la FAO, aux nations unies. Selont ce même organisme, la nourriture produite chaque année sur la planète Terre suffit à nourrir le DOUBLE de la population de cette même planète terre. En sachant que chaque quatre minutes un enfant meurt de faim dans le monde, pour lui c'est simple: il ne s'agit pas de fatalité, il s'agit là d'assassinat.

    C'est "drôle" que vous traitiez du sujet aujourd'hui puisque, justement, tout à l'heure, autour d'une discussion, j'avais démenti un ami qui me révélait cette pratique des restaurateurs en France, mais je n'avais pas de preuves. L'énormité de la chose m'empêchait d'y croire, et vous venez fort malheureusement appuyer le récit de mon ami...

    Mais dans quel monde vit-on?

    Posté par AhmadJamal, 14 avril 2010 à 18:54
  • Bonjour,
    @AhmadJamal
    vous qui êtes large d'esprit, vous devez certainement avoir la solution !
    on ne peut pas nier ou se détourner de ce qui se passe pas seulement à paris mais un peu partout dans les grandes métropoles. mais l'article sousentend que ça ne se passe pas comme ça ailleurs... d'où mon premier commentaire. éclairez nous svp monsieur l'idéologiste... Les gens meurent de faim partout et tout le temps. ok à paris on traite la bouffe mais à alger ou ailleurs on la laisse pourrir... c'est du pareil au même ! alors vos discours d'humaniste à la ziggler...

    Posté par Soucieux, 15 avril 2010 à 12:23
  • azwaw sou mendil awragh

    Ces pratiques ne sont pas l'apanage des restaurateurs parisiens malheureusement, elles sont monnaie courante dans toutes les chaines d'hyper et super marchés du monde capitaliste, des denrées de toutes sortes sont détruites pour raison de dépassement de date limite de consommation. Par ailleurs il est avéré que ces pratiques sont érigées en procédures gestion et non de simple initiatives individuelles conformément à la phrase énoncée par Naravas: « tu ne payes pas, tu ne manges pas. Tu risques de mourir ? Eh bien meurt, ta vie ne rapporte pas de l'argent, elle n'est pas utile au capital. »
    @Soucieux: de vos deux comments on sent une réaction viscérale plutôt qu'un constat des choses à Alger Tunis ou Islamabad!! Ces pratiques commencent à voir le jours par l'intermédiaire des chaines de distributions qui s'implantent dans les pays du sud y compris musulmans, mais sachez que dans la restauration traditionnelle le plat du mendiant ou du pauvre existe encore, la nourriture non comestible pour les humains est par contre réservée aux animaux tels que chiens et autres, sinon les sociétés se sont spécialisées dans la collecte de toute denrées destinées à l'élevage des cochons.....

    Posté par azwaw, 15 avril 2010 à 17:33
  • La faim et le capital

    @ Soucieux :

    Il est évident que tout raisonnement qui cherche à nous enfermer dans une alternative est douteux. Je ne vois pas pourquoi choisir entre le stalinisme et la dictature d'un côté et l'exploitation capitaliste de l'autre. C'est le type même du raisonnement du pouvoir algérien : ou c'est nous (le régime corrompu) ou c'est la théocratie islamiste...
    Non, on ne choisit entre deux maux. Partout où l'homme est vivant, il y a place pour un espoir d'émancipation, quelque soit la force qui essaye de l'asservir.

    Je parle de Paris parce que c'est à Paris que se déroulent les faits dont j'ai connaissance. Je n'ai évidemment rien contre la France et mon texte désigne le capitalisme universel comme responsable plutôt qu'un pays particulier. Si vous avez d'autres faits à nous rapporter pour Alger, Téheran ou Kuala Lumpur, je suis preneur

    @ Ahmad Jamal :

    Tout à fait d'accord avec ton analyse. Comme si, au nom d'une idéologie quelconque, on doit laisser des gens mourir de faim...
    Et je rajoute au raisonnement de Ziegler que, dans les sociétés dites "primitives", un homme nourrit toute sa famille avec seulement 2h de travail par jour et consacre le reste de sa journée aux décorations, aux plaisirs, aux chants, etc. Comment se fait-il que nous ne pouvons nourrir les nôtres avec 8h/jour/pour chaque membre ? C'est qu'il y a problème quelque part...

    @ Azwaw :

    Là, il ne s'agit même pas de dépassement de date limite de consommation. La nourriture est encore consommable et une association pourrait la récolter pour la distribuer à des gens qui ont faim. Mais tu as raison, les chaînes ont érigé la destruction de la nourriture encore consommable en mode de gestion.
    Et là, ce qu'il faudrait opposer ce sont les sociétés traditionnelles (indépendamment de leur gouvernants) où la notion d'humanité n'a pas encore disparu, aux sociétés envahie par le grand capital.

    Posté par Naravas, 15 avril 2010 à 18:20
  • Bonsoir,
    @tous
    il est vrai que j'ai posté mon commentaire hâtivement, néanmoins je reste tout à fait d'accord avec vous.
    ma vision des choses est de dénoncer ces pratiques impitoyablement inhumaines partout pas seulement une partie ou une autre car c'est facile de dire "ouais c'est la faute aux autres"...
    le pauvre est tourmenté, ces droits sont bafoués et comme disait coluche "merci aux pauvres d'exister pour que les riches deviennent plus riches"...
    je reconnais mes erreurs de mon premier post de faire l'amalgame et comparer les systèmes or que les pauvres meurent de faim partout et sous tous ces dits systèmes...

    Posté par Soucieux, 15 avril 2010 à 20:05
  • ok

    On est bien d'accord, @soucieux

    Posté par Naravas, 16 avril 2010 à 04:46
  • Nou pa bougé

    En général il faut éviter de jeter la pierre. En particulier il faut éviter la lapidation. Avez-vous examiné vos poubelles ? Savez-vous les trésors caloriques que l’on envoie, si on trie, au compost ? Si vous donnez la moitié de vos apports financiers aux affamés vous en sauverez. Mais quand vous ne serez plus là qui va les sauver ? La geo-économico-stratégo-humano-écolo politique est hyper complexe. On se demande si ne rien faire n’est pas le mieux que l’on puisse faire.
    Un peu pessimiste comme commentaire. Mais j’assume.
    Bien à vous et que la Paix soit sur la Planète.
    MALI

    Posté par MALI, 16 avril 2010 à 11:46
  • Equivoque levé

    @Soucieux: merci de la mise au point

    Posté par azwaw, 16 avril 2010 à 19:39
  • la non assistance à personne en danger pourrait peut être se plaider sur l'affaire faisant de celui qui jette une nourriture saine au devant un homme qui; de manque en manque tombera malade et disparaîtra, un criminel avec préméditation............

    Jeter la nourriture comestible est une juste un acte contre l'humanité y compris de sa propre humanité pour le restaurateur..... Il est bon d'en faire un crime a partir de certains critères et de faire la guerre légale aux grandes chaînes mais surtout a travers la conscience individuelle.
    Les restaurateurs en questions doivent être nommés publiquement, ces petits messieurs sont assez lâches et "commerçants" pour tourner casaque à cette pratique si leur nom est livré . ...Messieurs, en avant au travail ! .....il y à matière a combat pour notre propre humanité .

    Nous pourrions aussi nommer les complices employés, nervis serviles; prêt à tout pour garder " le job" en bon "miliciens" du capital, prêt même à mettre les clochards dans le train vers la mort ce qui est de fait ce qui se fait le train étant ici la faim incessante et la dénutrition.

    On à même l'impression que cet acte les prémuniraient par complicité avec les maîtres d'être inquiété dans l'emploi ....Un gage donné de leur loyauté contre les gueux ceux du dehors" les fénéants" que l'on traite aussi de profiteurs ....Comme s'il y avait quelque profit de vivre sur des cartons dans le gel et la pluie dans la rue .....

    .Peut être sont ils si mal payés qu"ils sont jaloux de la liberté des SDF..Qui, si en plus trouvaient à manger sans travail seraient alors des parasites...... n'est ce pas!!!...
    Bientôt un Clochard ou SDF poignardera ou battra à mort un employé, loufiat innocent et servile qui vide le chlore dans la poubelle et les médias de concert s’offusqueront de cet assassinat épouvantable ........Allons ,allons, la guerre de tous contre tous exige des soutiers de rester l'arme au pied.au risque de perdre quelque chose et de gagner en humanité ...Sommes nous tous formés à la lâcheté et la soumission dégradante ....Ou est le peuple libre de France???

    Posté par daugenn, 31 juillet 2016 à 18:43
  • Désolé pour les fautes d'accords et d'orthographes, je me suis par trop précipité, tant le sujet me semble grave et n'est rien pour la majorité de nos concitoyens ou citoyens devenu cons .
    Car ils laissent faire comme par le passé ..Dois- je vous faire un dessin .....oui le passé, le petit train...... de la misère..... de la lâcheté .

    Posté par daugenn, 31 juillet 2016 à 18:49

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