angles de vue...

Point de vue africain sur des questions de la culture et de l'actualité. Petit journal des idées de l'auteur. Les rêves et l'imagination d'un homme qui a vu sourire les étoiles et qui s'est promis de sentir le parfum de toutes les matinées embaumées.

17 mars 2011

Explorations dans les mystères de la constitution intellectuelles d'une "pétasse"

Explorations dans les mystères de la constitution
                                        
intellectuelle d'une "pétasse"

 

            les_trois_p_tassesQu’on me permette de détourner ici un mot vulgaire, « pétasse » en l’occurrence,  pour lui donner une acception particulière qui me sera utile dans la réflexion que je voudrais entreprendre. Pour dissiper tout malentendu, je précise d’emblée que je n’ai aucune aversion envers les êtres humains qui utilisent leur corps à des fins de plaisir, quelque soit leur sexe ou leur méthode, pourvu qu’ils le fassent entre adultes consentants et sans nuire à autrui.
Ce dont j’aimerais vous entretenir, c’est des impondérables de la conversation ordinaire. Beaucoup trop de choses sont en jeu quand deux (ou plusieurs) personnes se rencontrent pour la première fois et « se sondent ». Ces enjeux sont exprimés au moyen d’une formule cliché par les lectrices et les lecteurs de la « psychologie populaire » : « 90 % de la communication est non verbale », disent-ils.

Voyons donc de quoi est constitué ce « non verbal » dans les situations qu’il m’a été donné d’observer. Le contexte purement anecdotique qui a suscité ces pensées en moi était formé par un groupe auquel j’appartiens et qui se rencontre régulièrement. Lors de notre dernière réunion, deux nouveaux membres sont venues nous rejoindre, une Mexicaine et son amie française. Comme dans toute interaction, les affinités et les discussions sont allées bon train. Un membre du groupe, pour lequel j’ai de la sympathie, nourrissait un penchant, je crois, envers la Mexicaine. Je pense même avoir surpris plus d’une fois ses yeux rouler dans la direction de la jeune « Latinos », comme on dit ici (même si je n’aime pas ce terme). Pour aller vite, disons que la jeune fille ne lui a accordé aucune attention et qu’il doit sûrement être rentré déçu (je suis rentré avant lui, mais je suis presque certain de l’issue de cette cour). Pendant qu’il discutait avec elle, j’essayais de reconstituer, en me fondant sur les détails de l’échange linguistique et surtout non linguistique, les catégories mises en œuvre par la Mexicaine pour se former un jugement ou une image de cet ami qui, par ailleurs, selon moi, ne manque pas de qualités. Voilà donc le contexte utile pour l’intelligibilité de ce qui va suivre, mais non nécessaire à sa compréhension.

Il me plait d’utiliser le terme « pétasse » (et j'assume la charge négative de ce vocable) pour désigner non pas un individu qui fait un « mauvais » usage de son corps, mais celui dont l’esprit, malgré des études universitaires, est pollué par des valeurs honteuses et scandaleuses, des valeurs contre lesquelles l’histoire humaine de ces dernières décennies s’est intégralement construite. Pour donner un exemple de ces valeurs exécrables, je cite comme simple exemple la croyance en l’existence biologique de races humaines.

Bref, revenons à notre sujet et parlons des impondérables de la conversation. L’un des piliers sur lesquels repose le jugement d’une « pétasse » est la « posture » que tient un homme devant elle. Un homme droit comme un « i », un homme qui arrive à corriger les courbes du corps par un vêtement qui met des angles là où il n’y en avait pas, un homme qui hausse son corps, lève la tête et fait franchement face est d’emblée susceptible de lui plaire. Ce culte de la verticalité, la « pétasse » le généralise sur tout le corps masculin. Une « barbe bien taillée » ou un rasage parfait coïncide pour elle avec un rasage en ligne droite, avec des angles et des formes rectilignes. Un homme de petite taille ne peut bien évidemment pas incarner cet idéal. Est droit ce qui est long et non courbé. Mais l’exact contraire de cette esthétique est formé par une posture mollasse, par exemple un homme affalé sur son siège, à la tête baissée, aux épaules tombantes, ou un homme dont l’habit laisse entrevoir des manquements sacrilèges à la ligne continue. C’est toute l’apparence de l’homme, ou plutôt sa signification, qui passe sous le projecteur de cette manie inconsciente de la rectitude.

Le deuxième critère concerne l’occupation de l’espace. La « pétasse » trouve parfaitement ordinaire de se ramasser dans un cercle restreint, comme elle se ramasse dans sa jupe, parfois en croisant les jambes et en limitant ses gestes à une distance qui ne porte pas très loin devant elle. Mais c’est là un « privilège » qu’elle n’accorde pas à l’homme assis en face d’elle. Dans les yeux de la « pétasse », un homme doit se comporter conformément à sa « nature ». En vrai mâle, il est censé se lancer dans « la conquête de l’espace ». Un homme véritable, c'est-à-dire non efféminé, croit-elle, transgresse par définition ses frontières pour empiéter sur l’espace de l’autre, de manière magistralement naturelle. Seul un tel homme est capable de répondre à des « besoins » abyssaux, remontés du fond de l’enfance, fantasme de sécurité, envie de se mettre sous la protection de celui qui montre clairement qu’il est capable d’agression...et de sexe.

Bien malheureux est celui qui pense attirer son attention en se comportant en homme éduqué, respectueux des autres et de leur espace intime, soucieux de contrôler ses gestes et « l’envergure » de ses jambes qu’il croise de temps à autre. Cet homme ramassé sur lui-même, incapable de « conquête spatiale » et d’empiètements intimes est un homme jugé faible et méprisable. La « pétasse » a la certitude intuitive qu’un tel individu ne haussera pas le ton, ne fera pas de gestes sûrs et étendus, ne sera actif ni socialement, ni sexuellement. Il ne promet rien en termes de rayonnement social et de distinction.

 

Naravas

Posté par Naravas à 04:09 - Commentaires [18] - Permalien [#]

Commentaires

    .

    Qui se ressemble s’assemble. On dira que ce type d’homme sera plus fait pour un autre type de femme.
    Ce que tu dis, ce n’est pas du cliché et des préjugés, biologique.
    La femme contrairement à l’homme n’est pas disposée, elle s’ouvert à une disposition.
    En dehors de ce qui est plus intellectuel comme la réflexion ou l’humour, le physique et les postures physiques permettent cette mise à disposition.
    L’homme lui fonctionne de la même manière, une chute de reins extravagant accompagné de geste gracieux stimule plus la libido que des hanches débordantes et des gestes disgracieux.
    Il faudrait trouver alors l’équivalent masculin de pétasse.

    Posté par tun-68, 18 mars 2011 à 23:48
  • Ce que tu dis, ce n’est pas du cliché et des préjugés, mais biologique.

    Posté par tun-68, 18 mars 2011 à 23:50
  • @ Tun-68

    Oui, l'équivalent de "pétasse" serait sûrement un type d'homme macho et obsédé par des critères physiques dominants (poitrine, etc.) ...
    Les modèles de la pub et de la télé colonisent aussi l'esprit des hommes.
    Ceci dit, je ne crois pas à l'histoire des différences biologiques entre les hommes et les femmes, je pense que tout est affaire d'apprentissage et de culture.

    Posté par Naravas, 19 mars 2011 à 04:47
  • Mélasse

    A mon avis l'équivalent masculin de pétasse et de vulgaire s'exprime par un seul mot : Kadhafi.

    Posté par MALI, 21 mars 2011 à 13:31
  • :(

    J’ai l’impression qu’à travers ce billet vous avez plus tenté de théoriser une envie folle d’insulter gratuitement une femme qui a eu l’OUTRECUIDANCE de ne pas s’intéresser à votre ami qu’autre chose…..regrettable !

    Posté par Atfa, 24 mars 2011 à 08:50
  • Epithète

    J'ai relu ce post. J'y decèle deux choses : C2H5OH, et peut être copier-coller. Mais il se peut que je me trompe. Peut être même d'origine canadienne.
    Bref la pétasse ne "vaut" pas le coup.
    Bien à vous. MALI

    Posté par MALI, 25 mars 2011 à 11:10
  • Féminisme

    @ Atfa

    Je pense que tu t'es identifiée un peu trop rapidement au modèle de femme critiqué par ce post. Ceci dit, je te fais observer que :

    - Ce post ne critique pas une personne réelle (même s'il part d'un fait anecdotique), mais un modèle de femme à mon avis assez fréquent.

    - Il ne comporte pas d'insultesn (je n'en vois aucune puis que le mot "pétasse" est redéfini), mais des jugements de valeur que j'assume (je suis prêt à les justifier au passage). A propos, j'ai fréquemment observé que les gens prennent les critiques pour "des insultes", particulièrement quand elles leur sont adressées.

    - Le post est autrement plus documenté, puis qu'il fait référence à "La domination masculine" et à Nietzsche.

    - Maintenant, si tu veux me sortir que je suis misogyne et tutti frutti, qu'il faudrait jeter des fleurs et des poèmes à chaque fois qu'on prale de femmes (ce que j'ai fait dans d'autres posts), c'est une autre histoire...

    Bien à toi, NVS

    Posté par Naravas, 26 mars 2011 à 04:15
  • @ Mali :

    Moi je dirai plutôt que c'était du monoxyde de carbone, gaz inodore, invisible mais toxique. Du coup, beaucoup (comme mon "ami") ne le détectent pas et s'y laissent prendre...mdrrr !

    Posté par Naravas, 26 mars 2011 à 04:20
  • :(

    Redéfinissez le mot pétasse autant que vous voudrez, ça ne changera pas sa valeur sémantique pour autant et contrairement à ce que vous pensez, citez Nietzsche ne donne aucune épaisseur à votre post.

    rendez vous à l'évidence aveuglante d'unanimité; le post est un flop.

    Posté par ATFA, 26 mars 2011 à 16:19
  • Où sont les arguments ?

    @ Atfa,

    Merci pour ton commentaire !
    Il n'est pas possible de continuer la discussion si tu ignores le contenu du post (les catégories d'appréciations liées aux valeurs dominantes, la posture, la gestion de l'espace, etc.) et si tu ne donnes pas d'arguments, ni de contre-arguments. Où sont tes arguments ? Tu te contentes de réaffirmer ta position, ce qui ne nous avance pas beaucoup.

    Quant au fait de trouver cela triste, c'est un sentiment subjectif, quelqu'un d'autre pourrait trouver cela gai.
    Il n'y a par ailleurs aucune unanimité, tu es la seule à avoir exprimé des réserves, ce qui est bien sûr ton droit.

    Posté par Naravas, 26 mars 2011 à 20:41
  • PS

    PS/
    Le post ne parle d'aucune femme réelle. On ne peut insulter quelqu'un qu'on ne nomme pas. Et j'ai bien précisé que je ne parlais de la conduite sexuelle de personne, mais plutôt "d'une idéologie", que je refuse bien sûr et condamne.

    Posté par Naravas, 26 mars 2011 à 20:44
  • :(

    Des arguments ? Mais votre papier est à un tel point de désintérêt, qu’il serait élogieux d’en faire l’antithèse.

    Et puis, tout ce que je dis c’est qu’une femme doit être libre dans les critères qui régissent ou guident son choix du partenaire sexuel, et est en droit de le vouloir suintant de virilité et aux allures de conquérant sans pour autant subir les affres des imberbes, ni être traitée de pétasse, comme elle peut le vouloir fin et délicat et dont le croisé de jambes est plus gracieux que celui d’une princesse orientale, ce sont à mes yeux deux choix qui se valent.

    Il y a des hommes qui préfèrent les femmes maternantes, soumises et passives, tandis que d’autres les aiment ayant du caractère, et qui soient indépendantes sans que l’un ne soit forcément un macho et un sexiste, ou que l’autre soit une tapette ou je ne sais quoi…

    Posté par Atfa, 28 mars 2011 à 09:37
  • Coucher

    Bonjour,

    Vois-tu une seule phrase dans le texte qui énonce qu'une femme est privée de la liberté de choisir son partenaire ?

    Je vois que tu te focalises sur le mot "pétasse", qui doit avoir une charge sémantique scandaleuse là où tu vis, et que tu ignores délibérément le reste du post.

    - "le droit de le vouloir suintant de virilité et aux allures de conquérant"
    Tu cites des gouts et des préférences pour les femmes et pour les hommes et tu les présentes comme des "droits" et des actes remplis de liberté et de choix. C'est à ce niveau là que se situe le plus profond désaccord entre ta manière de voir et la mienne.
    Ce que nous enseigne la sociologie, c'est que ces "gouts" sont non seulement déterminés, mais chargés de présupposés sociaux et politiques. Tout ce post parle du système de présupposés d'une femme qui se proclame émancipée, mais dont les critères de choix reflètent la même idéologie abjecte que celle de la pornographie par exemple, les mêmes présupposés que ceux de la Domination masculine.
    (Etre cultivé, ce n'est pas affirmer qu'on est libre partout, c'est prendre la mesure de tous les déterminismes qui limitent drastiquement notre marge de manoeuvre. Un conseil, lisez la Domination masculine.)

    C'est cette idéologie là qui est condamnée avec le mot de pétasse, pas l'usage qu'elle fait de son corps. Cette femme aurait couché avec ce monsieur, qui n'est pas mon ami, cela ne changerait rien à l'affaire. Je ne pense pas avoir de leçon à recevoir là-dessus, j'ai lu presque l'oeuvre complète de Freud.

    Tu interprètes ce message avec des présupposés algériens (ou maghrébins). Je sais qu'on se fait traiter facilement de "pétasse" au Maghreb et c'est une situation regrettable. Mais on ne va pas discuter indéfiniment sur ce mot et sur toutes les impressions désagréables qu'il suscite dans l'âme d'une Maghrébine. Ici, plus personne ne juge une femme parce qu'elle couche, puisque tout le monde couche.

    Posté par Naravas, 29 mars 2011 à 14:08
  • :(

    quelle mauvaise foi!!!!!! m'accuser de paroles que je n'ai pas tenues! Qui a parlé de coucher?...et puis pourquoi juger ma réaction à votre post par rapport au lieu d'où je vous l'écris

    "Je vois que tu te focalises sur le mot "pétasse", qui doit avoir une charge sémantique scandaleuse là où tu vis,

    Tu interprètes ce message avec des présupposés algériens (ou maghrébins). Je sais qu'on se fait traiter facilement de "pétasse" au Maghreb et c'est une situation regrettable. Mais on ne va pas discuter indéfiniment sur ce mot et sur toutes les impressions désagréables qu'il suscite dans l'âme d'une Maghrébine. Ici, plus personne ne juge une femme parce qu'elle couche, puisque tout le monde couche."

    franchement j'abdique.

    Posté par Atfa, 06 avril 2011 à 17:16
  • Ok,
    On tourne en rond, on laisse tomber.

    Posté par Naravas, 09 avril 2011 à 18:12
  • Célibat

    Il est vrai qu'il y a pas mal de "pétasses", au sens Naravassien du terme, dans nos sociétés post-modernes. Et moi, franchement, ça me gave!

    D'ailleurs, il serait intéressant de partir de ce point pour essayer de voir pourquoi tant de jeunes filles et de jeunes hommes restent célibataires, chacun attendant la "perle rare", empaqueté dans du papier cadeau Disney.

    Ce post est excellent, et d'un humour foudroyant!

    Posté par TheloniousMonk, 15 mai 2011 à 01:48
  • Réciprocité

    Excellent texte, analyse pertinente. Une question, toutefois : votre ami, attiré lui-même par la personne qualifiée de "pétasse", n'est-il pas lui-même victime d'un certain déterminisme dans ses choix ?

    Posté par Hello, 24 août 2013 à 12:33
  • J'ai bien ri

    Intéressant article, mais vous semblez négliger l'aspect instinctif des comportements humains qui n'est pas dissociable des interactions sociales. Ainsi la "Pétasse" que vous décrivez, lorsqu'elle aborde un mâle fait à la fois appel consciemment inconsciemment à ses valeurs, ses expériences passées, mais aussi à ses pulsions primaires relevant de millions d'années de sélection naturelle. Et c'est surement sur ce point là que l'on peut comprendre le penchant non seulement des "pétasses" mais de la plus part des femmes à rechercher "l'homme fort".

    Scientifiquement votre.

    Posté par 1234 BC, 09 juillet 2015 à 06:00

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