angles de vue...

Point de vue "africain" sur des questions de la culture et de l'actualité. Petit journal des idées de l'auteur. Les rêves et l'imagination d'un homme qui a vu sourire les étoiles et qui s'est promis de sentir le parfum de toutes les matinées embaumées.

16 mai 2007

Christoph Luxenberg, un séisme dans les études coraniques 1

Christoph Luxenberg, un séisme

dans les études coraniques 

Un Champollion se penche sur le texte sacré de l'islam 

 

Lecture_syro_aram_enne_du_Coran

   PREMIERE PARTIE

               La thèse soutenue en 2000 par Christoph Luxenberg (pseudonyme)  -- publiée en allemand en 2004 et en anglais en 2007-- est assurément une révolution dans le domaine des études coraniques, une révolution dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences. Intitulée "Lecture syro-araméenne du Coran. Contribution pour décoder la langue coranique" ("Die Syro-Aramäische Lesart des Koran : Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache"), elle consiste d'abord en une méthode de lecture du texte sacré fondée sur une connaissance de la langue syro-araméenne. C'est la première fois qu'une telle approche philologique et linguistique est tentée de façon à la fois systématique et méticuleuse. Il faut dire qu'on est loin de la verve pamphlétaire d'un Ibn Warraq : il y a un avant et un après Luxenberg...

La Tradition musulmane avait déjà signalé dans le texte coranique des passages "obscurs", "mystérieux, voire "insondables". Cela va de mots qui sont inconnus aux expressions à la limite du "mal formulé". Pour expliquer aux croyants ces zones d'ombre face auxquelles ils étaient vraisemblablement désarmés, les commentateurs traditionnels ont rationalisé tant bien que mal, tout en mobilisant  des efforts couteux, un ijtihad intense,  pour les rendre intelligibles. Or, Luxenberg démontre que ces efforts d'exégètes tardifs sont frappés d'une tare constitutionnelle : leur méconnaissance de l'arabo-araméen. Audacieux, parfois aventureux, il applique alors sa nouvelle méthode pour lire, décoder, voire décrypter le Livre Saint, principalement dans ses passages réputés être les plus obscurs . Les résultats sont spectaculaires !



L'arabe classique n'est pas la langue du Coran :

                    Selon Luxenberg, le milieu qui a vu se développer le dernier monothéisme n'est linguistiquement ni homogène, ni monolingue. Les mots coraniques qui embarrassaient les commentateurs, les tournures de ce texte qui frisaient le "mauvais arabe" ne sont pas du "mauvais arabe" mais du "bon araméen" (ou du syro-araméen). Culturellement, il convient de parler d'une langue arabo-araméenne à laquelle Mohammad (saws) eut recours pour transmettre son message, vu que l'arabe était éparpillés en dialectes et était peu standardisé. Il a fallu attendre l'oeuvre des Grammairiens Si Bouwayh et Al Khalîl Ibn Ahmed pour que cette fixation des dialectes arabes en une langue classique soit enfin parachevée. Or, à l'époque du Prophète, il y'avait soit des dialectes arabes, soit la langue lithurgique syro-araméenne qui a servi à la christianisation de ces populations. Cette langue était même devenue une sorte de lingua franca parlée dans toute la péninsule arabique (et non seulement une langue écrite à usage lithurgique) Or, Mohammad (saws) usa des deux, ce qui donna un Coran récité en arabo-araméen. Ceux qui  élaborèrent, bien après la mort du Prophète, ce que l'on appelle la Tradition, vinrent après l'oeuvre des grammairiens arabes et ne connurent que l'arabe devenu classique. La situation linguistique a beaucoup changé entre temps et l'ancienne langue syro-araméenne a complètement été suppléée par la langue du nouveau culte musulman.

Des indices historiques tendent à accréditer cette thèse de l'arabo-araméen (le Prophète aurait conseillé à ses scribes, dont Hassan Ibn Thabit, de maîtriser l'araméen et l'hébreu). Mais c'est surtout le texte coranique lui-même qui en garde une trace indélibile au travers les mots et les expressions syro-araméennes qu'il recèle. Luxenberg s'est proposé d'explorer méticuleusement cet aspect syro-araméen du Coran et en a tiré des conséquences étonnantes. syriaque

« À cette époque, il n'y a avait pas d'écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira dans le sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd'hui l'Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langage liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite. »

« Au commencement du IIIe siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse. Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu'aux confins de la Chine et la côte Ouest de l'Inde, en plus de la totalité de la Péninsule arabique, jusqu'au Yémen et l'Éthiopie. Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisés, entres autres langues, la langue des Bédouins, c'est-à-dire l'arabe. Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d'utiliser un mélange de langues. Mais à une époque où l'arabe était un ensemble de dialectes qui n'avaient pas de forme écrite, les missionnaires n'avaient pas d'autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c'est-à-dire au syro-araméen. Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l'arabo-araméen. »

(Citations de Luxenberg extraites de Wikipedia)



Il n'y a pas de vierges au paradis, il n'y a que des raisins blancs :

Coran (44 : 56) :

إِنَّ الْمُتَّقِينَ فِي مَقَامٍ أَمِينٍ 51 فِي جَنَّاتٍ وَعُيُونٍ 52 يَلْبَسُونَ مِن سُندُسٍ وَإِسْتَبْرَقٍ مُّتَقَابِلِينَ 53 كَذَلِكَ وَزَوَّجْنَاهُم بِحُورٍ عِينٍ 54 يَدْعُونَ فِيهَا بِكُلِّ "فَاكِهَةٍ آمِنِينَ 55 لَا يَذُوقُونَ فِيهَا الْمَوْتَ إِلَّا الْمَوْتَةَ الْأُولَى وَوَقَاهُمْ عَذَابَ الْجَحِيمِ 56

             

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"Nous les aurons mariés à des
Houris aux grands yeux. " (Trad. Blachère)

                   Le mot "houri" est donné par la Tradition comme étant l'équivalent de "très belles femmes vierges aux grands yeux", qui seraient la rétribution réservée dans l'audelà aux bons croyants. Il n'en est rien soutient Luxenberg, qui entend rétablir sa dignité au texte coranique sur ce point. Le mot est syro-araméen et signifie dans cette langue  "blanc", "pur". Et comme le Coran était dépourvu de signes diacritiques, la Tradition s'est trompée dans le chakl (les signes diacritiques ajoutés) de ce passage. Il fallait lire "rawadjnahoum" au lieu de "zawadjnahoum", le point sur le "Ra" ayant été faussement ajouté. De plus, en arabo-araméen, le "bi" signifie "parmi" ou "sous" et les sines diacritiques du mot 'ayn sont aussi mal ajoutés : il fallait lire عنب à la place de عين. Le texte devient alors : روجناهم بحور عنب , alhouri 'inabine signifiant alors des raisins d'un blanc éclatant.

La trduction que propose Luxenberg est alors :

Nous les installerons confortable-
ment
sous des (raisins) blancs,
(clairs) comme le cristal.
   

Tous les autres passages sur les houris sont révisés de la même manière. Ainsi (Coran 2 : 25) :

وَبَشِّرِ الَّذِين آمَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٍ رِّزْقاً قَالُواْ هَـذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُ وَأُتُواْ بِهِ مُتَشَابِهاً وَلَهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَهُمْ فِيهَا خَالِدُونَ 25

Raisins_blancs« Annonce à ceux qui auront cru et accompli des oeuvres pies qu'ils auront des Jardins sous lesquels couleront des ruisseaux. Chaque fois que quelque fruit leur sera accordé, en attribution, ils diront "Ceci est ce qui nous a été attribué antérieurement", et ce qui leur sera donné sera ressemblant à ce qu'ils avaient sur terre. Dans ces Jardins, ils auront des épouses purifiées et ils y seront immortels.»  (Traduction Blachère) 

Ce passage signifie simplement que les croyants auront au paradis toutes "espèces [azwadj] [sous entendus de  fruits] purs".

Il en est de même pour (Coran  52:20 ,55:72, 56:22) qui se laissent comprendre selon le même procédé.





Mohammad (saws) n'est que le "témoin" des Prophètes :

Coran (33:40)

مَّا كَانَ مُحَمَّدٌ أَبَا أَحَدٍ مِّن رِّجَالِكُمْ وَلَكِن رَّسُولَ اللَّهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ وَكَانَ اللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمًا 40

                Ce passage, compris jusqu'à présent comme Mohammad (saws) est le « sceau des prohètes » et le dernier d'entre eux (de khatim et khatima), devient quand il est éclairé par l'arabo-araméen "Mohammad (saws) est le « témoin » des prophètes qui l'ont précédé. Le Prophète n'entend donc pas effectuer une rupture avec ses prédécesseurs, mais simplement les continuer et "témoigner" de la vérité de leur message. Luxenberg va plus loin en soutenant que Mohammad (saws) n'entendait faire rien de plus qu'adapter aux Arabes de son époque le message du "Oum Al Kittab" (du Livre-mère). Ce Livre mère fait lui-même référence à la Bible, considérée par le Prophète comme la source, dont il a tiré  un "lectionnaire" (Qurân) adapté à l'usage de sa société.



Al Kawthar n'est pas un fleuve du paradis mais une prière...

Coran (sourate 108) :

إِنَّا أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ 1 فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ 2 إِنَّ شَانِئَكَ هُوَ الْأَبْتَرُ 3

                " Il s'agit de cette crux interpretum qu'est la sourate 108 (dite « Al Kawthar », « l'Abondance »). On y a mis en romain les vocables qui font problème : « En vérité, Nous t'avons donne l'Abondance. / Prie donc en l'honneur de ton Seigneur et sacrifie ! / En vérité, celui qui te hait se trouve être le Déshérité » (traduction de Régis Blachère). Plusieurs chercheurs occidentaux reconnaissent que cela ne fait pas sens. Les exégètes musulmans, eux, manifestent leur embarras ; la rime et le sens du « mystère » aidant, ils y voient pourtant une merveille. Finalement, la majorité d'entre eux considèrent qu'Al-Kawthar est le nom d'un fleuve du paradis !

Dans la lecture syro-araméenne de Luxenberg, cela devient: « Nous t'avons donné [la vertu] de la persévérance ; / Prie donc ton Seigneur et persiste [dans la prière] ; / Ton adversaire [Satan] est [alors] le vaincu. » A l'origine de cette courte sourate se trouve une liturgie syriaque, réminiscence de la Première Epître de saint Pierre (5, 8-9) d'après le texte de la pshitta (traduction syriaque de la Bible) et qui est aussi la lecture de l'office des complies dans le bréviaire romain."

Claude Gilliot

Source

Le texte tel que révisé par Luxenberg donne :

"Nous t'avons donné la (vertu de)
constance. Prie donc ton Seigneur
et persévère (dans la prière) ! Ton
adversaire (Satan) est alors le
vaincu (L, 275)."

Ce qui est une adaptation de "la première épître de Saint Pierre : «[...] Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez lui, fermes dans la foi [...] » (5, 8s.). Le verset est d'autant plus intéressant qu'il a été repris dans le livre de prière des moines, dans l'office du soir, les Compiles."

Cité d'après : Texto!




"Que nul n'entre ici s'il ne connaît le syro-araméen"

                  Il faut rappeler que le Coran est un texte écrit en un ensemble de consonnes dépourvues de signes diacritiques et donc de voyelles. Le rajout de ces signes et des voyelles est en fait, en soi, une première opération interprétative. Ensuite, le réflexe le plus naturel pour interpréter le difficile langage des sourates consiste à plonger dans le Lîssan al ‘Arab ou dans l’un des commentaires classiques de l’exégèse musulmane, à pêcher ainsi du prêt-à-porter interprétatif, sans nulle distance critique. Par la suite, bien sûr, on pourra plus ou moins agrémenter le tout de hadiths. Or, c’est là où le bât blesse. Cette confiance aveugle en la connaissance linguistique d’exégètes venus plusieurs siècles après le Prophète s’avère problématique. La difficulté ne vient pas seulement du fait que les commentateurs présentent généralement, dans un souci d’exhaustivité, plusieurs interprétations d’un seul passage, parfois jusqu’à une vingtaine, et contradictoires de surcroît. Il vient surtout de leur ignorance de l’arabo-araméen, disparu car suppléé par la nouvelle langue du culte musulman, mais resté indélébile dans le texte même du Coran. Cette ignorance les a engagé à faire des efforts colossaux pour rendre clairs les versets les plus controversés : au final, ils n’ont produit que des rationalisations plus ou moins sophistiquées et des mirages d’explication exégétique.

Avec Luxenberg, le droit à payer pour faire de l’interprétation s’est brusquement réhaussé. Dorénavant, nul ne peut interpréter le Coran sans une solide connaissance de la langue syro-araméenne. L'exercice de l'interprétation devient lui-même une affaire philologique sérieuse. Pour paraphraser une maxime antique : "que nul n’entre ici s’il ne connaît le syro-araméen !"  Et c'est cela une révolution...







Sourate Al 'Alaq (96) transformée :

اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ 1 خَلَقَ الْإِنسَانَ مِنْ عَلَقٍ 2 اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ 3 الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ 4 عَلَّمَ الْإِنسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ 5 كَلَّا إِنَّ الْإِنسَانَ لَيَطْغَى 6 أَن رَّآهُ اسْتَغْنَى 7 إِنَّ إِلَى رَبِّكَ الرُّجْعَى 8 أَرَأَيْتَ الَّذِي يَنْهَى 9 عَبْدًا إِذَا صَلَّى 10 أَرَأَيْتَ إِن كَانَ عَلَى الْهُدَى 11 أَوْ أَمَرَ بِالتَّقْوَى 12 أَرَأَيْتَ إِن كَذَّبَ وَتَوَلَّى 13 أَلَمْ يَعْلَمْ بِأَنَّ اللَّهَ يَرَى 14 كَلَّا لَئِن لَّمْ يَنتَهِ لَنَسْفَعًا بِالنَّاصِيَةِ 15 نَاصِيَةٍ كَاذِبَةٍ خَاطِئَةٍ 16 فَلْيَدْعُ نَادِيَه 17 سَنَدْعُ الزَّبَانِيَةَ 18 كَلَّا لَا تُطِعْهُ وَاسْجُدْ وَاقْتَرِبْ 19   

  • Traduction de Blachère :

Prêche au nom de ton Seigneur
qui créa
qui créa l'homme d'une adhérence
Prêche !, ton Seigneur étant le
Très Généreux qui enseigna par le
Calame
Et enseigna à l'Homme ce qu'il
ignorait. Prenez garde ! L'Homme
en vérité est rebelle parce qu'il se passe de tous.
A ton Seigneur pourtant tu retourneras. Penses-tu que celui qui défend
à un serviteur [d'Allah] de prier,
Penses-tu qu'il soit dans la Direction
ou qu'il ordonne la piété ?
Penses-tu [au contraire] qu'il crie au mensonge et se détourne [de la vole droite] ? Ne sait-il pas
qu'Allah le voit ?
Qu'il prenne garde ! S'il ne s'arrête, en vérité, Nous le traînerons [en Enfer] par le toupet de son front,
Toupet menteur et pécheur !
Qu'il appelle son clan !
Nous appellerons les Archanges.
Prends garde ! Ne lui obéis pas !
Prosterne-tol et rapproche-toi [d'AIlah] !

  • Révision de Luxenberg :

Invoque le nom de ton Seigneur, qui a créé, qui a créé l'homme
(d'argile) collante; Invoque ton Seigneur digne qu'on l'honore, qui
a enseigné par le calame (l'Écriture)
à l'homme ce qu'il ne savait pas du tout. Certes, l'homme oublie,
quand
il voit qu'il s'est enrichi,
que
(cela) se ramène à ton Seigneur.
Quand
tu en vois un, qui (veut) empêcher (de prier)
un serviteur (de Dieu), quand il prie,
crois-tu qu'il est sur le droit chemin
voire
qu'il a de pieuses pensées ?
(Mais) si tu crois qu'il renie (Dieu)
et se détourne (de Lui),
Ne sait-il pas que Dieu voit tout ?
S'il ne cesse pas, nous punirons l'adversaire, l'adversaire qui renie et pèche !
Invoque-t-il ses idoles,
c'est un (dieu) passager qu'il invoquera !
Tu ne dois pas du tout l'écouter, mais rends ton culte et communie

(Luxenberg, pp. 293-296).

Source : Texto!

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Le Coran est un "lectionnaire" :

                 "Le Coran était ce que son nom dit très précisément, une fois qu'on le comprend à partir du syriaque : un lectionnaire (L[uxenberg], 56, 79), c'est-à-dire une anthologie de passages tirés de livres saints préexistants et adaptés en langue vernaculaire, anthologie faite pour la lecture liturgique (L. 275). C'est ce qu'affirme le début de la sourate XII, qui raconte l'histoire de Joseph (Genèse, 37-50), si on la traduit comme le fait Luxenberg : « Voici les versets de l'Écriture expliquée ; nous l'avons fait descendre comme un lectionnaire arabe, afin que vous puissiez comprendre. » (XII, 1-2) (L, 80s.) Ou encore XLI, 3 : « Écriture que nous avons traduite comme un lectionnairearabe » (L, 96). Ou enfin LXXV, 17- 18 : « il nous incombe de le (le Coran, le lectionnaire) compiler (à partir d'extraits de l'Écriture) et de l'exposer (en enseignant). Si nous l'avons exposé (en enseignant), suis son exposé (c'est-à-dire la façon dont il t'a été enseigné) » (L, 97).lectionnaire_de_Montmajour

« Si Coran signifie à proprement parler lectionnaire, on est autorisé à admettre que le Coran ne voulait être compris comme rien d'autre qu'un livre liturgique avec des textes choisis de l'Écriture (Ancien et Nouveau Testaments), et nullement comme un succédané de l'Écriture elle-même, c'est-à-dire comme une Écriture indépendante. D'où les nombreuses allusions à l'Ecriture, sans la connaissance de laquelle le Coran pourrait sembler à son lecteur être un livre scellé de sept sceaux » (L, 79).

Le Livre par excellence dont il est question bien des fois, la « mère du livre » (III, 7 ; XIII, 39 ; XLIII, 4), c'est-à-dire le texte original, n'est autre que la Bible elle-même. Luxenberg traduit ainsi III, 7 : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le livre. Une de ses parties consiste en versets précis, qui (sont quasiment) l'Écriture originale (elle-même), et (une partie) en d'autres (versets) de même sens. » (L, 82) II se peut que ce qui est vise ici soit l'Écriture canonique et ce qui lui ressemble, a savoir les textes apocryphes (L, 83).

On notera une conséquence capitale : si Luxenberg a raison, le Coran ne prétendait pas remplacer la Bible, mais en fournir une version intelligible aux arabes de l'époque. Il ne se présentait donc pas comme une révélation immédiate (L, 100). De la sorte, la doctrine de la dogmatique islamique postérieure selon laquelle une révélation serait «abrogée» (naskh) et « remplacée » (tabdîl) par une révélation postérieure (l'Évangile remplaçant la Torah), jusqu'à la révélation définitive coïncidant avec l'islam, perdrait son fondement. "

Rémi BRAGUE

Source : Texto!




Le voile est une erreur d'interprétation :

               

                       " (...) Cette conception des choses peut être désormais mise en doute. Les adversaires du voile disposent maintenant d’arguments plus solides, qui ne sont plus simplement des appels aux “valeurs de l’Occident chrétien” ou de la “Tradition européenne”.

L’auteur Christoph Luxenberg, qui est obligé d’écrire sous ce pseudonyme, a publié en 2000 un ouvrage intitulé “Die syro-aramaeische Leseart des Koran” [= “La lecture syro-araméenne du Coran”], qui a rapidement acquis la célébrité dans le monde entier. Une seconde édition paraîtra bientôt, en cet automne 2004, mais l’auteur nous a déjà révélé en primeur les innovations qu’elle apporte par rapport à la première version du livre. Luxenberg les a consignées dans une petite revue de critique catholique, “Imprimatur” (édition n°2/2004). Elles traitent de la sourate invoquée pour le port du voile. Philologue sémitique averti, Luxenberg présente une nouvelle lecture du texte du Coran, y compris de celui de la sourate qui concerne le port du voile. Certes, il n’est pas le premier philologue à le faire, tout en soumettant à critique les lectures conventionnelles du livre sacré des musulmans. C’est sa méthode qui est innovante, ainsi que les résultats qu’elle procure. Là, Luxenberg est original et seul. Pourquoi? Parce qu’il est le seul à maîtriser les variantes régionales des langues sémitiques anciennes et actuelles, ce qui lui a permis de procéder à une enquête philologique unique et complète du texte du Coran. voile

Le Coran a été rédigé de manière abrégée

Luxenberg publie sous pseudonyme car il sait très bien qu’il s’aventure sur un terrain dangereux et que ses recherches peuvent lui coûter la vie. Les doctrinaires islamiques conventionnels réagissent avec passion et énervement parce que Luxenberg relit le Coran d’une manière entièrement nouvelle, en reconstruisant les racines syro-araméennes du texte arabe.

Le point de vue islamique part du principe que le Coran a été réceptionné par Mahomet ou par ses compagnons au 7ième siècle, et que, depuis, il est demeuré inchangé. Or les recherches sur le texte coranique ont bel et bien prouvé que le texte trouvait ses origines au 7ième siècle, ce qui est indubitable, mais que sa forme actuelle date en fait du 10ième siècle.

L’évolution de l’écriture arabe joue un rôle très important dans les avatars du texte coranique; première remarque de Luxenberg, l’écriture arabe n’existait pas au moment de l’émergence du Coran. Certes, la langue arabe existait, mais, pour la transcription, il a fallu faire usage de la langue syro-araméenne, qui, à l’époque, était tout aussi importante que le sera le latin en Europe quelques siècles plus tard. Les tribus arabiques se sont rapidement répandues dans les espaces conquis, ce qui a entraîné la prise de conscience d’une conscience identitaire arabe, qui avait besoin d’un système d’écriture propre, lequel devait être créé sur base de l’écriture syro-araméenne. Le Coran est donc le premier livre écrit en arabe, mais, il faut alors se rappeler qu’à l’époque de son émergence, le fondateur de l’Islam, le Prophète Mahomet, l’a rédigé en abrégé, pour lui servir d’aide-mémoire. Dans cette forme première, abrégée, les fameux “points diachroniques”, que l’écriture arabe ultérieure rendra pleinement, ont été omis. Des 28 lettres de l’alphabet arabe, seules six sont claires et univoques sans le secours de ces points diachroniques. Les 22 autres laissent la possibilité d’une multitude de variantes interprétatives, si ces points sont omis.

Pour les lettrés de l’époque, cela ne posait aucun problème, car ils connaissaient encore parfaitement les racines syro-araméennes des mots. Pour 900 mots, il a fallu imposer une lecture unitaire du texte sacré, car d’innombrables interprétations commençaient à se télescoper, tant et si bien que l’Islam risquait à tout moment de se désagréger. La tâche des lettrés musulmans a résidé en ceci: présenter le Coran dans une forme écrite, enfin achevée, en introduisant a posteriori les points diachroniques manquants dans le texte, afin de rendre toute interprétation erronée impossible. Mais là s’est posé un problème : les lettrés islamiques du 10ième siècle ne connaissaient plus les racines syro-araméennes des mots. C’est ainsi que certains passages du Coran paraissent étonnantes. La communauté savante des “coranologues” évoque alors des “passages obscurs”. L’un de ces passages obscurs se trouve dans la sourate 24.31, que les gardiens de la foi islamique considèrent comme un indice important pour ordonner le port obligatoire du voile.

La traduction littérale du texte arabe de ce passage de la sourate 24.31 serait, selon Luxenberg : “Elles doivent rabattre leurs khoumour au-dessus de leurs poches”. Les lettrés coraniques ont toujours eu du mal à interpréter ce passage difficile, si bien qu’ils se sont entendus pour en donner une réadaptation unitaire, que l’on peut traduite comme suit : “Elles doivent (...) tirer leur foulard au-dessus de la fente de leur vêtement (à partir de la découpe du cou descendant vers le bas)”. Cette phrase est étrange, sonne drôle, ce qui a induit Luxenberg à s’interroger sur sa signification, surtout en se penchant sur trois mots problématiques dans le texte originel, “khoumour”, “poches” et “rabattre”.

“Elles doivent rabattre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”

Le mot “khoumour” était totalement inconnu des lettrés coraniques du 10ième siècle. Pourtant, il existe en arabe un mot similaire, qui signifie “recouvrir” et dont ils se sont aidés. Luxenberg, en revanche, a réussi à prouver que la signification originelle, syro-araméenne, du mot “khoumour” était “ceinture”. Cette découverte est corroborée par le fait que le mot “rabattre” dans les textes syro-araméens est toujours lié à “ceinture”.

Le passage obscur, après ce travail de défrichage, devrait se traduire ainsi : “Elles doivent rabattre leur ceinture sur leurs poches”. Ainsi, le dernier mot qu’il convient de rechercher apparaît clairement. Le travail méticuleux du philologue Luxenberg a permis une nouvelle traduction : le terme “poches” devient “hanches” (en allemand : “Lenden”, qui signifie aussi “lombes” ou “reins”, ndt). De cette façon, le commandement de porter un voile ou un foulard, devient : “Elles doivent rabattre/mettre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches”. Qui plus est, cette nouvelle lecture peut se référer à un fait historique: rappelons-nous que le Coran contient de nombreux passages où l’on ordonne aux femmes de porter une ceinture, de nouer une ceinture autour de la taille, signe de moralité. De même, les hommes ne devaient apparaître à la prière que muni d’une ceinture autour de la taille.

La haute signification de la ceinture n’est pas seulement le propre de la culture arabo-islamique. Dans l’Europe chrétienne, la ceinture revêtait (et revêt toujours) une signification. Par exemple, la ceinture du moine qui souligne la nécessité d’une vie ascétique. La ceinture symbolise dans ce cas la séparation entre la partie supérieure du corps de la partie inférieure, jugée infâmante et maudite. Par ailleurs, en Europe médiévale, les prostituées ne pouvaient pas, sous peine de sanction, porter de ceinture, car il leur était interdit de s’affubler d’un symbole de haute moralité.

Luxenberg en conclut que la sourate 24.31 ne prescrit pas aux femmes de porter un foulard. Il estime qu’elles devraient au contraire utiliser le sens réel et originel de cette sourate pour s’opposer aux ukases des nouveaux doctrinaires de la foi.

Certes, les travaux d’un seul philologue ne peuvent pas ébranler l’influence concrète d’une texte considéré comme sacré, ni façonner l’expression de la foi islamique. Cependant, le résultat de sa recherche philologique pourrait inspirer la jurisprudence allemande. En tout cas, les travaux de Luxenberg ramènent le débat à un niveau concret et nous inciter à affronter plus sereinement, sur des bases plus solides, les dogmes religieux."

Robert Braun.

(article tiré de “Junge Freiheit”, Berlin, n°39/2004, 17 septembre 2004;

Source : Christoph LUXENBERG, Die syro-aramaeische Leseart des Koran. Ein Beitrag zur Entschluesselung der Koransprache, 2. Überarb. Neuauflage, 2004. L’article de Luxenberg dans la revue catholique “Imprimatur” peut se lire sur le net : Imprimatur

Source : voxnr.com




ENTRETIENS AVEC CHRISTOPH LUXENBURG :

  • L'institut Goethe : un entretien avec Christoph Luxenberg (en anglais et en PDF) :

       Cliquez sur le lien : The Koran as philological mine.  A conversation with Christoph Luxenberg

       Source : Goethe-institut


  • Christoph Luxenberg , entretien avec Alfred Hackensberger



The Virgins and the Grapes: the Christian Origins of the Koran

                

"   ROMA - That Aramaic was the lingua franca of a vast area of the ancient Middle East is a notion that is by now amply noted by a vast public, thanks to Mel Gibson´s film "The Passion of the Christ," which everyone watches in that language.

But that Syro-Aramaic was also the root of the Koran, and of the Koran of a primitive Christian system, is a more specialized notion, an almost clandestine one. And it´s more than a little dangerous. The author of the most important book on the subject - a German professor of ancient Semitic and Arabic languages - preferred, out of prudence, to write under the pseudonym of Christoph Luxenberg. A few years ago, one of his colleagues at the University of Nablus in Palestine, Suliman Bashear, was thrown out of the window by his scandalized Muslim students.

In the Europe of the 16th and 17th centuries, mangled by the wars of religion, scholars of the Bible also used to keep a safe distance with pseudonyms. But if, now, the ones doing so are the scholars of the Koran, this is a sign that, for the Muslim holy book as well, the era of historical, linguistic, and philological re-readings has begun.

This is a promising beginning for many reasons. Gerd-Rüdiger Puin, a professor at Saarland University in Germany and another Koran scholar on the philological level, maintains that this type of approach to Islam´s holy book can help to defeat its fundamentalist and Manichean readings, and to bring into a better light its ties with Judaism and Christianity.

The book by "Christoph Luxenberg" came out in 2000 in Germany with the title "Die Syro-Aramäische Lesart des Koran" ("A Syro-Aramaic Reading of the Koran"), published in Berlin by Das Arabische Buch. It is out of print, and there are no translations in other languages. But a new, updated edition (again in German) is about to arrive in bookstores.

Here follows an interview with the author, published in Germany in the newspaper "Süddeutsche Zeitung" and in Italy in "L´espresso," no. 11, March 12-18, 2004:


From the Gospel to Islam
An interview with "Christoph Luxenberg" by Alfred Hackensberger

Source






Q. - Professor, why did you think it useful to conduct this re-reading of the Koran?

A. - "Because, in the Koran, there are many obscure points that, from the beginning, even the Arab commentators were not able to explain. Of these passages it is said that only God can comprehend them. Western research on the Koran, which has been conducted in a systematic manner only since about the middle of the 19th century, has always taken as its base the commentaries of the Arab scholars. But these have never gone beyond the etymological explanation of some terms of foreign origin."

Q. - What makes your method different?

A. - "I began from the idea that the language of the Koran must be studied from an historical-linguistic point of view. When the Koran was composed, Arabic did not exist as a written language; thus it seemed evident to me that it was necessary to take into consideration, above all, Aramaic, which at the time, between the 4th and 7th centuries, was not only the language of written communication, but also the lingua franca of that area of Western Asia."

Q. - Tell us how you proceeded.

A. - "At first I conducted a ´synchronous´ reading. In other words, I kept in mind both Arabic and Aramaic. Thanks to this procedure, I was able to discover the extent of the previously unsuspected influence of Aramaic upon the language of the Koran: in point of fact, much of what now passes under the name of ´classical Arabic´ is of Aramaic derivation."

Q. - What do you say, then, about the idea, accepted until now, that the Koran was the first book written in Arabic?

A. - "According to Islamic tradition, the Koran dates back to the 7th century, while the first examples of Arabic literature in the full sense of the phrase are found only two centuries later, at the time of the ´Biography of the Prophet´; that is, of the life of Mohammed as written by Ibn Hisham, who died in 828. We may thus establish that post-Koranic Arabic literature developed by degrees, in the period following the work of al-Khalil bin Ahmad, who died in 786, the founder of Arabic lexicography (kitab al-ayn), and of Sibawwayh, who died in 796, to whom the grammar of classical Arabic is due. Now, if we assume that the composition of the Koran was brought to an end in the year of the Prophet Mohammed´s death, in 632, we find before us an interval of 150 years, during which there is no trace of Arabic literature worthy of note."

Q. - So at the time of Mohammed Arabic did not have precise rules, and was not used for written communication. Then how did the Koran come to be written?

A. - "At that time, there were no Arab schools - except, perhaps, for the Christian centers of al-Anbar and al-Hira, in southern Mesopotamia, or what is now Iraq. The Arabs of that region had been Christianized and instructed by Syrian Christians. Their liturgical language was Syro-Aramaic. And this was the vehicle of their culture, and more generally the language of written communication."

Q. - What is the relationship between this language of culture and the origin of the Koran?

A. - "Beginning in the third century, the Syrian Christians did not limit themselves to bringing their evangelical mission to nearby countries, like Armenia or Persia. They pressed on toward distant territories, all the way to the borders of China and the western coast of India, in addition to the entire Arabian peninsula all the way to Yemen and Ethiopia. It is thus rather probable that, in order to proclaim the Christian message to the Arabic peoples, they would have used (among others) the language of the Bedouins, or Arabic. In order to spread the Gospel, they necessarily made use of a mishmash of languages. But in an era in which Arabic was just an assembly of dialects and had no written form, the missionaries had no choice but to resort to their own literary language and their own culture; that is, to Syro-Aramaic. The result was that the language of the Koran was born as a written Arabic language, but one of Arab-Aramaic derivation."

Q. - Do you mean that anyone who does not keep the Syro-Aramaic language in mind cannot translate and interpret the Koran correctly?

A. - "Yes. Anyone who wants to make a thorough study of the Koran must have a background in the Syro-Aramaic grammar and literature of that period, the 7th century. Only thus can he identify the original meaning of Arabic expressions whose semantic interpretation can be established definitively only by retranslating them into Syro-Aramaic."

Q. - Let´s come to the misunderstandings. One of the most glaring errors you cite is that of the virgins promised, in the Islamic paradise, to the suicide bombers.

A. - "We begin from the term ´huri,´ for which the Arabic commentators could not find any meaning other than those heavenly virgins. But if one keeps in mind the derivations from Syro-Aramaic, that expression indicated ´white grapes,´ which is one of the symbolic elements of the Christian paradise, recalled in the Last Supper of Jesus. There´s another Koranic expression, falsely interpreted as ´the children´ or ´the youths´ of paradise: in Aramaic: it designates the fruit of the vine, which in the Koran is compared to pearls. As for the symbols of paradise, these interpretive errors are probably connected to the male monopoly in Koranic commentary and interpretation."

Q. - By the way, what do you think about the Islamic veil?

A. - "There is a passage in Sura 24, verse 31, which in Arabic reads, ´That they should beat their khumurs against their bags.´ It is an incomprehensible phrase, for which the following interpretation has been sought: ´That they should extend their kerchiefs from their heads to their breasts.´ But if this passage is read in the light of Syro-Aramaic, it simply means: ´They should fasten their belts around their waists.´"

Q. - Does this mean the veil is really a chastity belt?

A. - "Not exactly. It is true that, in the Christian tradition, the belt is associated with chastity: Mary is depicted with a belt fastened around her waist. But in the gospel account of the Last Supper, Christ also ties an apron around his waist before washing the Apostles´ feet. There are clearly many parallels with the Christian faith."

Q. - You have discovered that Sura 97 of the Koran mentions the Nativity. And in your translation of the famous Sura of Mary, her "birthgiving" is "made legitimate by the Lord." Moreover, the text contains the invitation to come to the sacred liturgy, to the Mass. Would the Koran, then, be nothing other than an Arabic version of the Christian Bible?

A. - "In its origin, the Koran is a Syro-Aramaic liturgical book, with hymns and extracts from Scriptures which might have been used in sacred Christian services. In the second place, one may see in the Koran the beginning of a preaching directed toward transmitting the belief in the Sacred Scriptures to the pagans of Mecca, in the Arabic language. Its socio-political sections, which are not especially related to the original Koran, were added later in Medina. At its beginning, the Koran was not conceived as the foundation of a new religion. It presupposes belief in the Scriptures, and thus functioned merely as an inroad into Arabic society."

Q. - To many Muslim believers, for whom the Koran is the holy book and the only truth, your conclusions could seem blasphemous. What reactions have you noticed up until now?

A. - "In Pakistan, the sale of the edition of ´Newsweek´ that contained an article on my book was banned. Otherwise, I must say that, in my encounters with Muslims, I have not noticed any hostile attitudes. On the contrary, they have appreciated the commitment of a non-Muslim to studies aimed at an objective comprehension of their sacred text. My work could be judged as blasphemous only by those who decide to cling to errors in the interpretation of the word of God. But in the Koran it is written, ´No one can bring to the right way those whom God induces to error.´"

Q. - Aren´t you afraid of a fatwa, a death sentence like the one pronounced against Salman Rushdie?

A. - "I am not a Muslim, so I don´t run that risk. Besides, I haven´t offended against the Koran"

Q. - But you still preferred to use a pseudonym.

A. - "I did that on the advice of Muslim friends who were afraid that some enthusiastic fundamentalist would act of his own initiative, without waiting for a fatwa."  "

 

   


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Posté par Naravas à 13:35 - RELIGIEUSEMENT VOTRE - Commentaires [48] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Fausse Route

Thèse intéressante et peut convenir aux occidentaux comme à ceux qui sont de faible foi et qui cherchent à discréditer l'Islam.
Christoph Luxenberg peut être très fort en langue syro-araméenne mais il est très faible dans l'histoire du Peuple Arabe.

Le Prophète dans ses Hadiths aurait bien pu nous indiquer cette origine syro-araméenne afin de nous faciliter la tache, mais il semble qu'il a oublié de le faire.
Le Coran en lui même ne peut pas se contredire ainsi mainte fois il a répété:
[12:2] Joseph (Yusuf) : "Nous l'avons fait descendre, un Coran en langue arabe, afin que vous raisonniez"

[13:37] Le tonnerre (Ar-Raad) : " Ainsi l'avons-Nous fait descendre (le Coran) [sous forme] de loi en arabe. Et si tu suis leurs passions après ce que tu as reçu comme savoir, il n'y aura pour toi, contre Dieu, ni allié ni protecteur"

[20:113] Ta-Ha : "C'est ainsi que nous l'avons fait descendre un Coran en langue arabe, et Nous y avons multiplié les menaces, afin qu'ils deviennent pieux ou qu'il les incite à s'exhorter ?

[26:195] Les poètes (As-Shuaraa) : "en une langue arabe très claire."

[39:28] Les groupes (Az-Zumar) : "Un Coran [en langue] arabe, dénué de tortuosité, afin qu'ils soient pieux ! "

[41:3] Les versets détaillés (Fussilat) : " Un Livre dont les versets sont détaillés (et clairement exposés), un Coran [lecture] arabe pour des gens qui savent"

[42:7] La consultation (Achoura) : "Et c'est ainsi que Nous t'avons révélé un Coran arabe, afin tu avertisses la Mère des cités (la Mecque) et ses alentours et que tu avertisses du jour du rassemblement, - sur lequel il n'y a pas de doute - Un groupe au Paradis et un groupe dans la fournaise ardente."

[43:3] L'ornement (Azzukhruf) : " Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez."

[46:12] Al-Ahqaf : "Et avant lui, il y avait le Livre de Moïse, comme guide et comme miséricorde. Et ceci est [un livre] confirmateur, en langue arabe, pour avertir ceux qui font du tort et pour faire la bonne annonce aux bienfaisants."

Et Spécialement pour Christoph Luxenberg, Dieu a dit:
[16:103] Les abeilles (An-Nahl) : "Et Nous savons parfaitement qu'ils disent : "Ce n'est qu'un être humain qui lui enseigne (le Coran)". Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire."

[41:44] Les versets détaillés (Fussilat) : "Si Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l'arabe, ils auraient dit : "Pourquoi ses versets n'ont-ils pas été exposés clairement ? quoi ? Un [Coran] non-arabe et [un Messager] arabe ?" Dis : "pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison". Et quant à ceux qui ne croient pas, il est une surdité dans leurs oreilles et ils sont frappés aveuglement en ce qui le concerne; ceux- là sont appelés d'un endroit lointain."

Sorry Mr Christoph Luxenberg, Le Bon Dieu a aussi commis la confusion entre langue Arabe et syro-araméenne.

D'autre part l'explication de port du voile par la ceinture est très ridicule “Elles doivent rabattre leurs ceintures au-dessus de leurs hanches” et je serai content de savoir ou est ce que le Coran insiste sur le port du ceinture aussi bien pour l'homme que pour la femme.

Le Coran rassemblé par Othman, quelques années après la mort du Prophète existe bel et bien encore et il est noté en LANGUE ARABE, langue des poètes et des Mouallakates qui furent même avant l'Islam affichées à la Mecque (Kaaba).

Le plus important après tout ça, c'est la Tradition Orale qui a permis de transcrire correctement le Coran dans sa version finale (ponctuation) du Xème siècle.

Posté par Téméraire, 31 mai 2007 à 16:19

Encore une chose, Christoph Luxenberg devait savoir que les langues du croissant fertile ainsi que l'hébeu et l'arabe sont très proche.

Même si s'est pas logique, Il serait amusant d'essayer de d'interprêter la Torah avec des termes arabes qui ont la même prononciation mais qui n'ont pas le même sens. ça sera une gymnastique mentale très intéréssante mais ne ménera nulle part.

Posté par Téméraire, 31 mai 2007 à 16:27

Encore une chose, Christoph Luxenberg devait savoir que les langues du croissant fertile ainsi que l'hébeu et l'arabe sont très proche.

Même si s'est pas logique, Il serait amusant d'essayer de d'interprêter la Torah avec des termes arabes qui ont la même prononciation mais qui n'ont pas le même sens. ça sera une gymnastique mentale très intéréssante mais ne ménera nulle part.

Posté par Téméraire, 31 mai 2007 à 20:27

Fausse lecture

Salut,

1) Les versets que tu nous cites sont connus de tous, ils n'apportent pas grand chose au débat en tant que tels. En revanche, Luxenberg dit simplement que la façon dont tu les lis est tributaire de l'exégèse classique et que ce n'est ni la seule ni la meilleure façon de les lire. Si tu prenais la peine de regarder dans sa thèse, il fournit une façon logique et inédite d'en comprendre le sens. (Mais tu ne le feras pas, tu te contenteras de dénigrer et de condamner sommairement ce que tu ne connais pas...)

2) Toutes les langues ont évolué et je ne vois pas pourquoi l'arabe serait resté immuable pendant plus de quinze siècles et pourquoi il ne serait pas influencé par les langues qui étaient contemporaines de la naissance du Coran. Une immuabilité d'une langue pendant quinze siècles est simplement une impossibilité du point de vue de la science linguistique...

3) Luxenberg ne veut pas discréditer le Coran, tu tires tes arguments d'un anti-occidentalisme primaire qui condamne sommairement une personne sans la connaître et sans l'avoir lu, simplement parce qu'elle n'est pas arabe. Pourtant, il est philologue et a une maîtrise parfaite et étonnante de cette langue.

4) Le Coran en tant que corpus de textes a une formation, une histoire et n'en déplaise à tes convictions de croyants qui font de ce sujet un tabou, il y a consensus sur la question chez tous les penseurs de l'islam avancé, de Arkoun à Soroush en passant par Louis de Prémare. Biensur, il y a les conservateurs et les islamistes qui ne suivent pas, ça vole trop haut pour eux...

5) Peut-être que l'exercice que tu indiques n'est pas aussi oisif que tu le penses. Mais ce qui est lassant reste ce complot occidental contre l'islam que tu supposes à tout bout de phrase. L'avenir de l'islam se fera pourtant dans les universités occidentales, où l'on peut penser librement, à l'abri des menaces et des agressions ...

Posté par Naravas, 31 mai 2007 à 23:59

n'importe quoi!!!

J'ai pas lu tout l'article, ni tous les commentaires, je veux juste faire une réaction à chaud (très chaud) après avoir lu jusqu'au paragraphe du 7our al3in.
pour l'instant, donc, je veux juste dire que ça ressemble plus à un poisson d'avril qu'à une thèse scientifique!

J'aimerais bien que qqun apprenne à ce monsieur que les arabes de l'époque avait surtout une tradition orale! les poèmes, les mythes, les récits.. se transmettaient d'une génération à une autre de bouche en bouche..

Le coran et la hadiths n'ont pas échappé à cette coutume...

Certes, Le coran a été écris au temps du prophète, réuni dans un seul livre au temps du 1er caliphe abou Baker, copié et distribué à tous les coins du jeune empire islamique au temps du 3ème caliphe Othman.. Mais les récitations qui correspondaient aux différents dialectes arabes ont été transmises d'une génération à une autre..
Si au maghreb et en afrique noir, la récitation "officielle" utilisée est celle de néfa3 (9aloun ou warech) contrairement à l'orient où on utilise surtout 3asem (7afes) c'est parce que cette tradition a été transmise d'un mo9re2 à un autre avec un sanad connu jusqu'à nos jours..

On peut faire une faute de frappe mais je ne crois pas qu'on puisse entendre "rawajnéhom bi7our 3inab " comme "zawajnahom bi 7ouren 3in"
C tout simplement RIDICULE!

Posté par islam_ayeh, 01 juin 2007 à 16:28

Le quidam et le savant

Sans doute trop à chaud...
Personnellement, je suis pessimiste et je ne m'attends pas à une autre réaction de la part de croyants. C'est connu, ils ne lisent pas (tu n'as même pas lu l'ensemble des textes ici publiés, je ne parle pas de la thèse de Luxenberg), ils sont assis sur leurs bonnes vérités dogmatiques séculaires et défendent la ferméture méthodologique. Comment peux-tu condamner aussi péremptoirement ce que tu ne connais pas? Comment peux-tu invoquer des clichés en histoire pour contester les écrits d'un spécialiste que tu n'as pas lu et que tu n'as pas compris ? Le malheur des pays musulmans vient aussi sans doute du fait qu'un quidam se croit fondé à insulter un savant et à lui enseigner des choses...

Posté par Naravas, 01 juin 2007 à 20:41

Mauvais Jugement

Bosoir,
En ce qui concerne les versets à propos de la langue Arabe. 11
Nous devons nous entendre que cet Homme Mohamed (saws) et quelqu’un de très intelligent peu importe l’origine du Coran humaine ou divine.
Cet Homme à soi-disant écrit un livre qu’il a noté dans une langue arabo-araméenne et il devait le savoir et pourtant pendant 11 fois il a répété « Messieurs SVP, je l’ai écrit en Langue Arabe » maintenant répondez-moi pourquoi n’a-t-il pas dit que c’est de l’Arabo-araméen ?
Etant très intelligent et il a anticipé qu’il y aurait pareilles critiques, Mohamed (saws) dit en encore une fois (divinement ou Humainement): [41:44] Les versets détaillés (Fussilat) : "Si Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l'arabe, ils auraient dit : "Pourquoi ses versets n'ont-ils pas été exposés clairement ? quoi ? Un [Coran] non-arabe et [un Messager] arabe ?" Dis : "pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison". Et quant à ceux qui ne croient pas, il est une surdité dans leurs oreilles et ils sont frappés aveuglement en ce qui le concerne; ceux- là sont appelés d'un endroit lointain."
D’autre part je ne suis pas contre l’idée qu’il y aurait des mots empruntés à d’autres langues et qui ont été utilisés dans le Coran, sauf que je dis encore s’ils ont été utilisés, c’est qu’à l’époque ils étaient bien utilisés par le commun des mortels et qu’il est possible qu’aujourd’hui on a perdu leur sens mais ça ne mérite pas le jeu d’interprétation ridicule de substitution du sens ou des mots qui nous révèle le truc du Ceinture au lieu du voile qu’historiquement en colle pas.
Qu’il y ait 1000 mots étrangers d’origine syro-araméenne (je suppose que c’est beaucoup moins) soit 1,25% du nombre total des mots ne donne aucunement la justification de dire que le Coran est écrit en Arabo-araméen.
De toute façon c’est une thèse qui a été très critiquée même au niveau de la méthodologie et elle ne reste qu’une thèse parmi plusieurs autres.
On peut toujours faire le même jeu avec la bible en utilisant les mots en arabe et ça sera encore très amusant.

Je ne vois pas ce sujet en tant que tabou je me demande comment tu tires tes conclusions ou tes jugement hâtifs, je suis prêt à aller plus loin et je t’invite à lire mes articles sur la religion dans mon Blog http://tunisdivagation.blogspot.com/search/label/Religion Je te conseille de ne pas être influencé par la première théorie que tu croises et de ne pas taxer les gens qui te critiquent (critiquent ton texte, d’ailleurs c’est du copier-coller) d’anti-occidentalistes, soit plus ouvert. Lis l’histoire du monde arabe préislamique et trouve-moi des brins d’histoire concernant le port de la CEINTURE.

Posté par Téméraire, 02 juin 2007 à 20:39

kalamouka ya hédha...

Je comprends très bien que tu peux avoir des préjugés sur moi.. Je comprends aussi que le fait de réagir sans terminer la lecture de ton article peut paraître comme un geste d'un fanatique borné et "narrow minded"...

Mais contrairement à ce que tu peux penser, je suis très moderne et très ouvert d'esprit! Le fait que je suis un fervent musulman, ne m'empêche pas d'être un avide de la culture de l'histoire de la philosophie... je lis le coran et les livres islamiques aussi bien que le prince de Machiavel ou la critique de la raison pure de Kant.. Même si je sais d'avance qu'une telle émission télé ou qu'un tel livre peut raconter "n'importe quoi" j'essaie de la suivre ou de le lire ne serait ce que pour apprendre de nouvelles choses ou de voir comment "les autres" peuvent raisonner! Le prophète saws disait : "La sagesse est la quête du croyant"

Le truc est que dès le début j'ai vu que ces travaux ont été basé sur une base très faible ou encore sur un thèse fafelue qui de plus a été correlé à une ignorance de plusieurs évidences historiques. "wa ma bouniya 3ala batel fahwa batel!"

Je suis content de voir (maintenant que j'ai lu tout l'articleset tous les commentaires) que Téméraire a dit plusieurs choses aux quelles j'ai pensé. Je voudris juste ajouter :
- Il y avait des textes écris en arabe bien avant le coran! "almo3alla9at" étaient des chefs d'oeuvre de poésie écrites avec une encre dorée et accrochés sur les murs de la kaaba.
- La langue arabe a évolué!! les nombreux dialectes que nous trouvons maintenant sont une conséquence de cette évolution. Mais si le commun des arabophones peuvent encore comprendre "+ ou -" bien les poèmes de 3antara ou de emro2 al9ayess c'est justement parce que le coran est resté intact depuis sa révélation. La langue arabe "classique" a été préservée par le coran et par cette tradition de transmision orale!
- Dire que le prophète saws a "écris" le coran comme un aide mémoire alors qu'il ne savait ni lire ni écrire (comme c décrit dans le coran, et je ne parle pas seulement du mot "ommey") est tout simplement ridicule..
- Est ce que ce "scientifique" a déjà entendu parler des différentes récitations du coran ? comment peut il expliquer leur existence et leur préservation quand il croit que le coran était transmis par l'écriture ? sait il que les signes diacritiques au maghreb sont assez différentes de celle de l'orient ?

PS 1 : j'attends encore comme Téméraire, la liste de ces fameux versets qui parlent de l'obligation du port de la ceinture aussi bien par les hommes que par les femmes!! Et dire que je prie depuis des décennies sans ceinture :))))

PS 2 : Pour te montrer la différence entre ton pseudo-savant et nos chers savants : je connais un illustre chikh de la zitouna qui a 80 ans disait encore : "lastou bi 3alem, ena talibou 3elem" je ne sui pas un savant, je suis encore un étudiant! le savant qui refuse d'apprendre des autres qque soit leurs niveaux ne mérite pas d'être appelé savant!

PS 3 : J'aurais pu discuter d'autes points illogiques avancés par ce Luxenberg mais à koi bon? il ne peut malheureusement pas contribuer à ce débat! j'aurais espéré que tu puisses répondre aux questions de Téméraire ou aux miennes, toi qui paraît si enthousiaste pour cette thèse, mais apparemment t'as pas le même bagage "scientifique" que cette apprenti orientaliste!

PS 4 : 3aychou quidam!!!

Posté par islam_ayeh, 03 juin 2007 à 01:36

jouons le jeu :p

Peux tu vérifier si Luxenberg a parlé dans sa thèse de ces versets :
فِيهِنَّ قَاصِرَاتُ الطَّرْفِ لَمْ يَطْمِثْهُنَّ إِنْسٌ قَبْلَهُمْ وَلَا جَانٌّ (56) فَبِأَيِّ آَلَاءِ رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ (57)

et

فِيهِنَّ خَيْرَاتٌ حِسَانٌ (70) فَبِأَيِّ آَلَاءِ رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ (71) حُورٌ مَقْصُورَاتٌ فِي الْخِيَامِ (72) فَبِأَيِّ آَلَاءِ رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ (73) لَمْ يَطْمِثْهُنَّ إِنْسٌ قَبْلَهُمْ وَلَا جَانٌّ (74)

سورة الرحمن

Bonne chance!!!

Ps : pkoi pourrait on mettre des raisins sous des tentes!! Ah!!! je vois! c sûr que khyam veut dire tonneaux ou autre chose dans le syro-améen! éclaire nous, ô maitre Luxenberg! :D

Posté par islam_ayeh, 03 juin 2007 à 01:44

S'affranchir des ornières de l'éxégèse classqiue

Ecoutez moi mes chers,

1) Pour les jugements de valeurs, ce n'est certainement pas moi qui ai commencé. Quand on écrit "thèse qui convient aux Occidentaux et à ceux dans la foi est faible qui cherchent à discréditer l'islam", dans une culture coranique comme la tienne, c'est de la plus haute insulte : nous serions des koufar (mécréants), des monafiqoun (hypocrites dans la foi) ou simplement des comploteurs contre l'islam. Et cette attitude a un nom, que tu lises Kant ou Machiavel, cette attitude mentale s'appelle du fanatisme !

2) Il y a plusieurs problèmes dans votre manière de comprendre cette thèse et l'islam en général (et ça c'est valable pour vous deux).

a) D'abord, d'après vos textes, vous ne comprenez pas grand chose à la linguistique. Vous prenez tous les deux le schéma mythique d'une unité linguistique originelle de l'arabe qui a donné la diversité dialectale actuelle. Ce schéma est faux et n'est encore utilisé que par des profanes. C'est de la pure fiction au regard de la sociolinguistique...

b) quand vous me sortez ces versets, vous suivez un raisonnement courant dans l'apologie classique de la foi musulmane, vous justifiez votre réponse par des hadiths et des versets et le tour est joué, puisque la vérité est dans le Coran, à n'en pas douter. Les linguistes vous disent que dans le Coran, il n'y a pas de vérité, il n'y a que des caractères écrits, dépourvus de voyelles (harakat), auxquels vous, et surtout vos commentateurs classiques préférés, donnent sens. Le sens n'est pas à l'intérieur, c'est vous qui le donnez !!!! Or, Luxenberg, comme tous les penseurs de l'islam avancé, qui remettent radicalement en cause le sens déjà donné par l'exégèse classqiue, vous disent : attention, il y a des erreurs dans le sens que vous donnez à vos versets !!! Attention, Khoumour ne signifie pas /voile/, comme Tabari vous l'a dit ! Attention, arabe ne signifie pas /arabe/ comme nous l'entendons aujourd'hui !!! Attention, les commentateurs classiques vous ont transmis un écran de fumée...

c) la manière dont vous pensez l'islam, qui transparait à travers votre manière d'argumenter, est donc purement classique et date du Moyen âge : toujours justifier avec hadiths et versets à l'appui. Or, cette manière n'est plus valable aujourd'hui vous disent les penseurs les plus éclairés. Que connaissez vous de ces penseurs, de Mohammed Arkoun par exemple? Aujourd'hui, pour réfléchir valablement sur le Coran, il faut mobiliser non pas les significations transmises par les traditionnistes et passées dogmes, mais la sociologie, la sémantique, la sociolinguistique, la paléographie, et d'autres disciplines auxquelles le quidam ne connaît rien. Quand des savants comme Luxenberg les mobilisent, et quand on ne comprend pas, il faut être modeste et dire "je ne comprends pas" au lieu d'écrire "c'est du n'importe quoi" après avoir lu deux lignes.

d) Quand on s'instruit chez les sociolinguistes, comme l'a fait admirablement Luxenberg, on se rend compte qu'au début, il n'y avait pas un seul arabe mais une diversité dialectale. Ensuite, le travail de Luxenberg est fondé sur un raisonnement sociolinguistique complexe selon lequel il y avait ce que l'on appelle des langues vernaculaires (dont l'arabe mecquois) et une langue véhiculaire, le syriaque, qui servait pour la communication commune et pour l'office religieux chrétien. Le Prophète avait fait appel à la langue liturgique syro-araméenne pour traduire certaines notions de son message qui ne pouvaient l'être dans les dialecte arabes pulvérisés de l'arabie. L'unité linguistique et la perfection de la langue arabe et l'oeuvre du Coran elle-même mais surtout d'Al Khalil Ibn Ahmed et de Si Bouwayh venus plusieurs siècles plus tard. C'est comme le Français avec l'Académie Française. On parle de standardisation et de fixation de la langue en sociolinguistique. Or, la standardisation qui a fait de l'arabe classique celui que nous connaissons est intervenue bien après le Coran...

e) Vous me direz qu'il y'avait des mou'alaqat. Bien entendu, mais d'abord tu es comique toi qui croit comprendre facilement la langue des mou'alaqat. Ensuite, les signiications elles-même a attacher aux mots des mou'alaqat ont subi le même processus que celles des mots du Coran. Ce sont des auteurs venus bien plus tard qui nous ont appris a attacher telle signification a tel mot et si on peut supposer que telle a bien été la signification originelle mot "al awabidi" (monstres) utilisé par Imru al qays, nous ne pouvons jamais être sûrs. Je ne dis pas que toutes sont fausses mais certainement beaucoup ont été bricolées ad hoc plus tard...

3) Ces pages sont destinés à informer des gens qui sont curieux, qui sont dépourvus d'a priori, qui ne rejettent pas une recherche parce qu'elle est faite par des occidentaux. Les savants ont autre chose à faire qu'à discréditer une religion. En plus, ce sont des pages destinées à favoriser des remises en cause, des attitudes critiques envers la manière traditionnelles de comprendre le Coran. Chaque époque produit sa manière de penser sa religion, la notre a des moyens fabuleux à sa disposition, les moyens que lui procurent les sciences humaines. Les croyants, attachés à leur manière classique de penser le religieux, seront choqués mais au bout, le résultat vaut la peine : on se rapprochera plus de la vérité, même si on doit s'éloigner de Tabari et de Ibn Kathir. Et le croyant n'aura pas à abandonner sa foi, mais juste à la nourrir avec des contenus plus vrais, plus modernes, affranchis des limitations de pensée du Moyen Age....

4) Et cette émancipation du Moyen Age n'est pas à bon compte. Il faut passer par des chemins compliqués, comme l'a fait Luxenberg. Ce qui est complexe, il faut l'étudier de manière complexe. Vous avez à mon avis tort de vous croire modernes dans votre interprétation si celle-ci ne suit pas les chemins des sciences sociales, de la linguistique, de la paléographie,etc. Autrement, vous ne ferez que réchauffer l'exégèse classique, de façon plus ou moins maquillée....Et c'est là, le danger !!!

5) Enfin, je ne peux pas polémiquer à chaque fois. Que chacun d'entre vous recherche des réponses à ses questions, si ses présupposés affectifs lui permettent de se remettre en cause. Une chose me parait certaine : le fanatisme n'est pas l'apanage de l'islamisme. Il concerne des pans entiers de la culture islamique traditionnelle et contemporaine. Seul un islam avancé, tourné vers les sciences sociales, peut le débusquer des positions qu'il occupe actuellement...

Wa assalam !

Posté par Naravs, 03 juin 2007 à 08:06

La blague du siècle:

Islam_ayeh se décrit de cette manière: "Mais contrairement à ce que tu peux penser, je suis très moderne et très ouvert d'esprit! Le fait que je suis un fervent musulman, ne m'empêche pas d'être un avide de la culture de l'histoire de la philosophie..."

Désolée, j'ai pas m'empêcher de rire!

Sans rancune Islam_ayeh....

Posté par Massir, 03 juin 2007 à 13:19

Je ne sais pour quelle raison mon comment est publié 2 fois!!!

Posté par Massir, 03 juin 2007 à 13:21

Encore une Fuite vers l'avant

Dans l'attente de te poster un troisième commentaire tu n'as pas répondu à mon précédent commentaire tu as fait une fuite en avant.

Posté par Téméraire, 03 juin 2007 à 17:42

Sociolinguistique de l'arabe divin

Téméraire,

Il y aurait peut-être des personnes pour te répondre ici car je ne peux pas faire de longs développements en ce moment, ni de polémique. Cependant, je n'ai pas esquivé ta question et j'y ai répondu. Je reprends les éléments de ma réponse :

1) Je te le dis objectivement, tu ne comprends pas grand chose aux questions linguistiques et c'est là la difficulté essentielle d'un débat avec toi. Si tu es vraiment intéressé, essaye de lire un Que Sais-je de sociolinguistique...

2) Ce que le Coran appelle "arabe" et ce que toi tu appelles "arabe", ce n'est pas la même chose pour une raison sociolinguistique très simple : une langue ne peut pas être identique à elle-même pendant 15 siècles. C'est de la fiction! Force est donc d'admettre :

a)que l'arabe d'il y a quinze siècles était très différent, à l'écrit comme à l'oral,

b)qu'il était pulvérisé en dialectes dont les locuteurs ne se comprenaient pas forcément entre eux (langues vernaculaires);

c) qu'à ces dialectes vernaculaires, il fallait une langue d'intercompréhension commune (véhiculaire), comme fut la lingua franca en Méditerranée; [et cette langue Luxenberg dit ke c'est l'arabo-araméen]

c)que l'arabe mecquois surtout ne couvrait pas tous les secteurs de la communication. Et c'était ce qui avait obligé Mohammaed (saws) à aller puiser dans la langua franca syro-araméenne pour traduire une grande partie des notions du message coranique. C'est ce que prouve Luxenberg en reconstituant la situation sociolinguistique de l'époque et en trouvant dans le Coran le résultat de cette confuse situation linguistique.

3) Pour que l'arabe soit comme toi tu l'entends, un arabe classique, il a fallu l'effort humain d'écoles grammaticales telles celle de Si Bouwayh et d'Al Khalil Ibn Ahmed. Il a fallu un travail de fixation, de parachèvement dans la constitution d'un système graphique, de standardisation à travers des outils comme les grammaires et les dictionnaires. Il y a donc eu une normalisation de la langue et c'est uniquement au terme de ce travail et non au début qu'on a pu avoir ce résultat qu'on appelle l'arabbe classique !!! (regade par exemple les livres de Louis-Jean Calvet et tu auras une idée de comment évoluent les langues).

4) Au début donc, la tâche de Mohammed selon Luxenberg était extrêmment délicate puisqu'il s'agissait de traduire un message dans une langue qui était à tous égard "imparfaite et inadaptée" : graphiquement, phonétiquement et sémantiquement car elle n'était ni fixée, ni normalisée. Le recours à la langue véhiculaire araméenne était donc tout indiqué pour se tirer de certaines difficultés!

5) Après Mohammed saws seulement, un grand travail de fixation et de normalisation a été entrepris, avec l'aide des commentateurs religieux eux-mêmes, qui ont contribué à fixer des sognifications, une sémantique et une graphie. Les significations que nous attribuons à certains mots coraniques, dont ils reconnaissent l'obscurité, ce sont eux-mêmes qui les ont fabriqués. [Et eux, venus plusieurs siècles plus tard, avaient perdu l'usage de l'araméen puisque l'arabe est devenu normalisé et n'avait donc plus besoin d'araméen]. Jusqu'à ce que Luxenberg découvre qu'un mot comme le khimar, viendrait du syro-araméen "khommour", qui veut dire "ceinture". Et ces mots ne sont pas isolés mais sont très nombreux dans le Coran. La restitution de leur sens originel donne de tout autres sens aux versets.

6) Luxenberg n'enseigne rien que de se défier des fabrications sémantiques des commentateurs du VIIeme-XIème siècle. Il le fait au nom d'une méthode rigoureuse. Maintenant, il faut avoir lu au moins une recherche en sciences humaines pour pouvoir apprécier.

7) Les vesets que tu as cités veulent dire (comme le montrent les passages ci-haut que tu n'as pas lus de Luxenberg) que c'est un Coran, "un lectionnaire", traduit à l'intention des Arabes (qorânane 'arbiyane), adaptés aux Arabes. Je viens de faire une requête sur mon logiciel pour "'arabiy", les contextes ne parlent jamais de langue mais de "lîssan". On peut forcer la traduction (comme dans celle que tu cites) et dire qu'il s'agit de "langue". Mais le plus vraisemblable est que le lîssan est un dialecte, ce qui confirme le sens de Luxenberg. Mohammed a traduit en un dialecte (=inadapté, imparfait) des notions qui étaient parfaitement bien exprimée en araméen. C'est pourquoi il n'a pas hésité à recourir à ce dernier...

Combien mêmes les versets parleraient de "langue arabe" et d'arabe comme langue, ils ne parleraient que de l'arabe de l'époque, qui est linguistiquement le seul type d'arabe qui puisse exister dans le contexte préislamique, c'est à dire un mélange d'arabe et d'araméen, de l'arabo-araméen ! Mais un locuteur natif l'appellerait évidemment de l'arabe, (et il a raison car la structure syntaxique reste généralement celle de son dialecte arabe maternel), un peu comme un Algérois qui parle une langue fait à 70% de vocabulaire français et de syntaxe arabe dirait qu'il parle...arabe !!!

Cette réalité que cet arabe n'est en réalité qu'un arabo-araméen est visible du linguiste seul. le sentiment d'un locuteur algérois ou mecquois de l'époque ne le perce pas.

8) Je crois que c'est suffisant pour expliquer que l'arabe n'est pas éternel et immuable et qu'il n'est vraiment pas la langue de Dieu ou des anges. A condition de ne pas se montrer plus savant que les savants, on peut à mon avis bien comprendre. Le livre sera traduit bientôt en français et c'est à chacun de voir ce qu'il pourrait admettre ou ne pas admettre...

En revanche, subsiste une certitude : CELUI QUI CROIT COMPRENDRE QUELQUE CHOSE EN CES MATIERES SANS LE SECOURS DES SCIENCES SOCIALES EST VRAIMENT UN IMBECILE.

Dernière nouvelle scoop : elle vient démentir les schémas d'un certain fanatisme exprimée ici à l'encontre de Luxenberg. Luxenberg est un Libanais !!!

;-)

Posté par Naravas, 04 juin 2007 à 00:22

Deux fois

Massir,

Ca me le fait parfois aussi, ça publie deux fois. C'est peut-être l'écho mdrrrr !!

Posté par Naravas, 04 juin 2007 à 00:30

J’ai été bien étonné de lire dans la seconde partie de ta note le compte rendu de François de Blois, Journal of Qur'anic Studies, 2003, Volume V, Issue 1, pp. 92-97 et son analyse pertinente avec la mise en relief des erreurs graves faites par Christoph Luxenberg au niveau linguistique.

Je me permets de traduire la conclusion finale de François dans laquelle il dit : « Il est très bien clair, d’après ma démonstration, que cette personne (Christoph Luxenberg) n’est pas un érudit (scientifique) en langues anciennes sémitiques. Il est de ceux qui parlent un peu un dialecte arabe sans pour autant maitriser l’arabe littéraire. Il connaît aussi le minimum de langue syriaque lui permettent d’utiliser un dictionnaire de cette langue avec une maitrise superficielle des méthodologies comparatives des langues sémitiques. Son livre n’est pas le résultat d’un travail scientifique mais plutôt d’un amateur.

D’après les informations dont je dispose, Christoph Luxenberg, n’est pas un Allemand mais un Libanais Chrétien. Cela ne concerne pas un scientifique en philologie, versé sur des livres poussiéreux d’anciennes langues quelque part dans une région allemande qui finit par publier sa découverte sous un pseudonyme pour éviter le danger de mort de la part d’extrémistes musulmans. Bref, un Salman Rushdi sur une tour d’ivoire.

N’exagérons pas la liberté académique que nous aimons toujours appeler notre démocratie occidentale mais aucun scientifique linguistique européen ou nord-américain, même en langue arabe, n’a besoin de cacher son identité, ni a le droit de le faire. Ces sujets doivent être discutés en public. Au Moyen Orient les choses sont, naturellement, très différentes.

Il est bien clair pour moi personnellement que derrière cette thèse se cache une manipulation à caractère de lutte religieuse christiano-islamique.
Et je me joins au témoignage de Liliane Bénard (Professeur de philosophie à Paris. DEA d’anthropologie religieuse (95) à Paris IV sur l’Islam) « Un scandale de ce type est honteux surtout lorsqu’il repose sur des ignorances et vise à détruire contre l’évidence une religion au mépris d’une autre. »

Je ne vais pas vaguer dans les absurdités de cette thèse (origine judéo-chrétienne du Coran, forte influence syro-araméenne, incapacité de Mohamed (saws) à expliquer certains versets, nouvelle explications de certains versets hors contexte du langage syro-araméenne, Mekka dont la signification en araméen ville basse alors qu’elle se trouve à 320 m d’altitude) mais je vais attirer l’attention sur le caractère purement extrémiste de l’analyse dont la pilier d’approche repose sur 8 méthodes successives dont le premier est le suivant :
1) Approcher le verset si les interprétations des commentateurs musulmans ne sont pas retenues par LES TRADUCTEURS OCCIDENTAUX.

Et en voit bien en clair que l’un des buts recherchés et de discréditer la thèse des "Houri Promises" aux martyrs ou autrement dit aux Kamikazes qui risquent de trouver des raisins blancs au lieu des belles promises au Paradis quitte à interpréter autrement certains versets pour valider cette démarche.

Sourate 44 :V54. « C'est ainsi ! Et Nous leur donnerons pour épouses des houris aux grands yeux. »
كذلك وزوجناهم بحور عين ) سورة الدخان - سورة 44 - آية 54(
Est devenue : 54. Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs, (clairs) comme le cristal.
Après avoir substitué Houri Aîn par Raisin Blanc et modifié "épousé" par installé confortablement.

Mais cette interprétation ne colle pas avec la sourate Errahmen, verset 72-74
Sourate 55:V72-74 « (72) des houris cloîtrées dans les tentes, (73) Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (74) qu'avant eux aucun homme ou djinn n'a déflorées ».
72. حُورٌ مَّقْصُورَاتٌ فِي الْخِيَامِ
73. فَبِأَيِّ آلَاء رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ
74. لَمْ يَطْمِثْهُنَّ إِنسٌ قَبْلَهُمْ وَلَا جَانٌّ
سورة الرحمن - سورة 55 - آية 72-74-
Qui devient : « (72) des RAISINS cloîtrées dans les tentes, (73) Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (74) qu'avant eux (les RAISINS) aucun homme ou djinn n'a déflorées ».

Donc que font les raisons cloitrées dans les tentes et par la suite comment peut-on déflorer des raisons. J’espère qu’il ya des réponses pour cela.

De même pour la Sourate 56 L'evénement (Al-Waqi'a) : V20-22 « (20) et des fruits de leur choix, (21) et toute chair d'oiseau qu'ils désireront (22) Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux »
20. وَفَاكِهَةٍ مِّمَّا يَتَخَيَّرُونَ
21. وَلَحْمِ طَيْرٍ مِّمَّا يَشْتَهُونَ
22. وَحُورٌ عِينٌ
سورة الواقعة - سورة 56 - آية 22-20
Devient « (20) et des fruits de leur choix, (21) et toute chair d'oiseau qu'ils désireront (22) Et ils auront des RAISINS BLANCS»

Donc le bon Dieu, nomme les fruits de leur choix, toute chaire d’oiseau et il revient encore une fois au RAISIN BLANC : C’est ABSURDE.

Maintenant pour valider cela, il faudrait éliminer la notion du couple dans le Paradis, pour cela, Luxenberg donne une nouvelle explication au verset suivant :
وَبَشِّرِ الَّذِين آمَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ أَنَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ كُلَّمَا رُزِقُواْ مِنْهَا مِن ثَمَرَةٍ رِّزْقاً قَالُواْ هَـذَا الَّذِي رُزِقْنَا مِن قَبْلُ وَأُتُواْ بِهِ مُتَشَابِهاً وَلَهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَهُمْ فِيهَا خَالِدُونَ 25
« Annonce à ceux qui auront cru et accompli des oeuvres pies qu'ils auront des Jardins sous lesquels couleront des ruisseaux. Chaque fois que quelque fruit leur sera accordé, en attribution, ils diront "Ceci est ce qui nous a été attribué antérieurement", et ce qui leur sera donné sera ressemblant à ce qu'ils avaient sur terre. Dans ces Jardins, ils auront des épouses purifiées et ils y seront immortels.» (Traduction Blachère)
Ce passage signifie simplement que les croyants auront au paradis toutes "espèces [azwadj] [sous entendus de fruits] purs".

12. Et à vous la moitié de ce laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants. Si elles ont un enfant, alors à vous le quart de ce qu'elles laissent, après exécution du testament
سورة النساء - سورة 4 - آية 12
ولكم نصف ما ترك ازواجكم ان لم يكن لهن ولد فان كان لهن ولد فلكم الربع مما تركن من بعد وصية يوصين بها…
Est-ce que Azwadj signifie ici espèces ?

24. Dis : "Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers que Dieu, Son messager et la lutte dans le sentier de Dieu, alors attendez que Dieu fasse venir Son ordre. Et Dieu ne guide pas les gens pervers".
سورة التوبة - سورة 9 - آية 24
…قل ان كان اباؤكم وابناؤكم واخوانكم وازواجكم وعشيرتكم

Est-ce que Azwadj signifie ici espèces ?

23. les jardins d'Eden, où ils entreront, ainsi que tous ceux de leurs ascendants, conjoints et descendants, qui ont été de bons croyants. De chaque porte, les Anges entreront auprès d'eux :

سورة الرعد - سورة 13 - آية 23
جنات عدن يدخلونها ومن صلح من ابائهم وازواجهم وذرياتهم والملائكة يدخلون عليهم من كل باب

Est-ce que Azwadj signifie ici espèces ?

Encore d’autres exemples :
سورة الأحزاب - سورة 33 - آية 52
لا يحل لك النساء من بعد ولا ان تبدل بهن من ازواج ولو اعجبك حسنهن الا ما ملكت يمينك وكان الله على كل شيء رقيبا

Je te laisse le soin de conclure.

Posté par Téméraire, 04 juin 2007 à 01:49

Une Thèse Absurde

J’ai été bien étonné de lire dans la seconde partie de ta note le compte rendu de François de Blois, Journal of Qur'anic Studies, 2003, Volume V, Issue 1, pp. 92-97 et son analyse pertinente avec la mise en relief des erreurs graves faites par Christoph Luxenberg au niveau linguistique.

Je me permets de traduire la conclusion finale de François dans laquelle il dit : « Il est très bien clair, d’après ma démonstration, que cette personne (Christoph Luxenberg) n’est pas un érudit (scientifique) en langues anciennes sémitiques. Il est de ceux qui parlent un peu un dialecte arabe sans pour autant maitriser l’arabe littéraire. Il connaît aussi le minimum de langue syriaque lui permettent d’utiliser un dictionnaire de cette langue avec une maitrise superficielle des méthodologies comparatives des langues sémitiques. Son livre n’est pas le résultat d’un travail scientifique mais plutôt d’un amateur.

D’après les informations dont je dispose, Christoph Luxenberg, n’est pas un Allemand mais un Libanais Chrétien. Cela ne concerne pas un scientifique en philologie, versé sur des livres poussiéreux d’anciennes langues quelque part dans une région allemande qui finit par publier sa découverte sous un pseudonyme pour éviter le danger de mort de la part d’extrémistes musulmans. Bref, un Salman Rushdi sur une tour d’ivoire.

N’exagérons pas la liberté académique que nous aimons toujours appeler notre démocratie occidentale mais aucun scientifique linguistique européen ou nord-américain, même en langue arabe, n’a besoin de cacher son identité, ni a le droit de le faire. Ces sujets doivent être discutés en public. Au Moyen Orient les choses sont, naturellement, très différentes.

Il est bien clair pour moi personnellement que derrière cette thèse se cache une manipulation à caractère de lutte religieuse christiano-islamique.
Et je me joins au témoignage de Liliane Bénard (Professeur de philosophie à Paris. DEA d’anthropologie religieuse (95) à Paris IV sur l’Islam) « Un scandale de ce type est honteux surtout lorsqu’il repose sur des ignorances et vise à détruire contre l’évidence une religion au mépris d’une autre. »

Je ne vais pas vaguer dans les absurdités de cette thèse (origine judéo-chrétienne du Coran, forte influence syro-araméenne, incapacité de Mohamed (saws) à expliquer certains versets, nouvelle explications de certains versets hors contexte du langage syro-araméenne, Mekka dont la signification en araméen ville basse alors qu’elle se trouve à 320 m d’altitude) mais je vais attirer l’attention sur le caractère purement extrémiste de l’analyse dont la pilier d’approche repose sur 8 méthodes successives dont le premier est le suivant :
1) Approcher le verset si les interprétations des commentateurs musulmans ne sont pas retenues par LES TRADUCTEURS OCCIDENTAUX.

Et en voit bien en clair que l’un des buts recherchés et de discréditer la thèse des "Houri Promises" aux martyrs ou autrement dit aux Kamikazes qui risquent de trouver des raisins blancs au lieu des belles promises au Paradis quitte à interpréter autrement certains versets pour valider cette démarche.

Sourate 44 :V54. « C'est ainsi ! Et Nous leur donnerons pour épouses des houris aux grands yeux. »
كذلك وزوجناهم بحور عين ) سورة الدخان - سورة 44 - آية 54(
Est devenue : 54. Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs, (clairs) comme le cristal.
Après avoir substitué Houri Aîn par Raisin Blanc et modifié "épousé" par installé confortablement.

Mais cette interprétation ne colle pas avec la sourate Errahmen, verset 72-74
Sourate 55:V72-74 « (72) des houris cloîtrées dans les tentes, (73) Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? (74) qu'avant eux aucun homme ou djinn n'a déflorées ».
72. حُورٌ مَّقْصُورَاتٌ فِي الْخِيَامِ
73. فَبِأَيِّ آلَاء رَبِّكُمَا تُكَذِّبَانِ
74. لَمْ يَطْمِثْهُنَّ إِنسٌ قَبْلَهُمْ وَلَا جَانٌّ
سورة الرحمن - سورة 55 - آية 72-74-
Qui