angles de vue...

Point de vue africain sur des questions de la culture et de l'actualité. Petit journal des idées de l'auteur. Les rêves et l'imagination d'un homme qui a vu sourire les étoiles et qui s'est promis de sentir le parfum de toutes les matinées embaumées.

02 août 2009

Mœurs et coutumes des « Afghans »

Moeurs et coutumes des « Afghans »
 

Afghan

                 Ils étaient près de 1000 « Algériens Afghans » à revenir au pays après leur participation à la guerre contre les Russes en Afghanistan. Rôdés à la lutte armée, disposant d’une expérience militaire de plusieurs années, imbus d’idéologie islamiste, ces vétérans gravitèrent d’abord autour du FIS, le parti islamiste algérien, dont ils constituaient la milice, avant de désavouer sa stratégie légaliste. L’insurrection réprimée de juin 1991 les conforta dans leur choix djihadiste. Ils se lancèrent dans la préparation du djihad et furent à l’origine des premiers groupes armés. De l’attaque de Guemmar à la fondation du GIA, Groupe Islamique Armé, ils étaient de tous les combats. Leur objectif premier, abattre le Taghout (le Tyran, c-à-d le pouvoir) et ses « soutiens », fusse-t-il au prix d’un chaos fait de destructions accumulées, de massacres de civils, de sang d’innocents et de feu. Ils furent le noyau le plus irréductible du groupe le plus extrémiste. Voici comment les décrit la Confession d’un émir du GIA

« Les Afghans n’avaient qu’un sujet de discussion : leur guerre contre les Russes. En dehors de ça, ils ne connaissaient rien de la vie. […]. [Ils] vivaient en groupe et parlaient en pachtoun. Mais j’avais plus confiance en eux que dans les Algériens. L’Afghan ne trahit pas. On peut lui tourner le dos et marcher devant lui sans crainte. Il ne tue jamais par derrière. Mais ce sont des gens compliqués, qui suivent des règles et un code de conduite particuliers. Ils n’avaient que le mot guerre à la bouche. La vie ne les intéressait pas mais je préférais les avoir à mes côtés en cas de coup dur. » (p. 153)

« Les Afghans adressaient à peine la parole [à l’émir]. De toute manière, ils préféraient discuter entre eux. En leur présence, il vallait mieux éviter de prononcer les noms de Madani et Benhadj. Pas plus qu’il ne fallait évoquer le futur état islamique. Eux se battaient pour l’instauration d’un califat comme à l’époque qui suivit la mort du Prophète. […] Pour ma part, je n’étais pas en faveur du Califat mais je restais opposé à Ali Benhadj et Abassi Madani. J’étais d’accord avec le GIA quand il prônait l’assassinat de ces deux traîtres. Ils finiront d’ailleurs par les tuer un jour ou l’autre. » (p. 161)

« Comme à leur habitude, les Afghans étaient installés à part. Leur tente était une saleté repoussante. Ils se préoccupaient encore moins de l’hygiène que nous. Ils jetaient leurs ditritus à côté de leurs couvertures sans se préoccuper des odeurs qui pouvaient s’en dégager » (p. 191)

« Maintenant que je pouvais compter sur Benchiha, je voyais l’avenir avec confiance. Benchiha était un grand émir du GIA et régnait en maître sur la région. Il avait sous ses ordres un groupe de Katibat al Ahwal [brigade des Horreurs] constitué des Afghans les plus féroces.

Katibat al Ahwal était présent[e] dans toute l’Algérie. Ce sont des tueurs professionnels, capables des pires massacres. L’un d’eux m’avait annoncé qu’à la fin de la guerre sainte en Algérie, il irait au Maroc ou en Tunisie. « Que vas-tu faire là-bas ? » lui avais-je demandé ? « Je vais tuer », avait-il répondu. Il n’avait pas l’intention de s’établir quelque part, ni de fonder un foyer. « Dans chaque pays où je passe, je prends une femme et cela me suffit. » Travailler ? Cette idée ne lui était jamais venue à l’esprit. Il ne pensait qu’à la guerre. « Dans une attaque, si l’émir ne te donne pas l’ordre de reculer, il faut rester, quitte à t’attacher une jambe à un arbre pour ne pas tenter de fuir. Si on désobéit et qu’on est tué, on meurt kafir, en infidèle » (p. 147)

Forestier Patrick, Confession d’un émir du GIA, en collaboration
avec Ahmed Salam,
Paris, Grasset, 1999.

Naravas

 

 

Posté par Naravas à 13:01 - CONNAISSANCE DE L'ISLAMISME FONDAMENTALISTE - Commentaires [32] - Permalien [#]

Commentaires

    PARADIS

    Si tout ce joli monde pense qu'il y a mieux à mourir qu'à vivre, puisque c'est après la mort que tous les délices sont promis, pourquoi ne se suicident ils donc pas ? Il suffit de plonger d'un dixième étage, de se mettre la gorge sur la voie ferrée ou, eux qui ont des armes à feu de "manger" dans sa bouche un peu de plomb. Pourquoi donc ces gens qui sont persuadés que l'au delà vaut mieux que le vin d'ici ne le font ils donc pas ? C'est un mystère. En se suicidant ils auraient une récompense en plus (ajr) celui de ne plus tuer personne.
    Mais surement, je suis naïf. Bien à vous. MALI

    Posté par MALI, 06 août 2009 à 13:10
  • Hard times

    La lecture de la dernière série d'articles est purement insupportable.
    Par pitié, un poste sur la poésie yéménite du XIème siècle (ou un truc approchant) et vite!!!

    Posté par Malak, 07 août 2009 à 21:05
  • Les combattants ne se suicident jamais

    @ Mali :
    En se suicidant, ils n'auraient pas droit au statut de "combattants" ("moudjahidines"), si valorisé par la littérature religieuse traditionnelle...
    De plus, le suicide est prohibé en islam, l'auteur de cet acte étant promis aux flammes de l'enfer(al nafs moulk Allah)...
    Pourtant, la plus simple et la plus élémentaire des morales enseignerait qu'aucun Dieu juste n'oserait mettre un égorgeur de bébés au paradis !

    Posté par Naravas, 09 août 2009 à 18:45
  • Déni, mémoire et vérité historique

    @ Malak

    Je suis bien désolé et bien triste de faire lire de telles horreurs aux fidèles de ce blog et aux autres. Il reste cependant que, par devoir de mémoire et par amour de la vérité historique, on ne peut escamoter "ce qui s'est réellement passé", on ne peut se cloitrer dans une simple attitude de déni. La dénégation est justement la position des voisins de l'Algérie et celle de tous les pays arabes vis à vis du drame algérien. En général, les gens invoquent les raisons suivantes pour se taire :
    - Cela donne une mauvaise image de l'islam; Le "vrai islam" n'a rien à voir avec ces extrémistes.
    - Cela s'est terminé, c'est du passé, qu'on n'en parle plus;
    - Il faut en dire le moins possible, les extrémistes sont partout.
    - Cela est spécifique aux Algériens, l'islam politique a donné de beaux résultats ailleurs, comme en Turquie.

    Le dernier argument est raciste, les autres me semblent faux. En réalité, le passé récent de l'Algérie est une véritable copie de l'Inconscient religieux arabe (et même islamique). Le "vrai islam" comme dit Edward Saïd n'existe pas, ce qui existe ce sont les islams qui sont débattus (à coups de conflits et de polémiques) aujourd'hui sur la scène publique ou intellectuelle dans le monde musulman et au sein des espaces d'expression européens ou américains. Quant à l'islam des extrémistes, il est certes théologiquement très douteux, mais il n'est en aucun cas une fiction sans fondements. C'est malheureusement une fiction qui a bel et bien des textes sur lesquels elle s'appuie, même faussement. La littérature du GIA est une littérature religieuse, quoiqu'on en pense...

    Et puis, il y a cette question de taille : toutes les religions ont fabriqué des fanatismes et des intégrismes, pourquoi voulons nous que l'islam ne fabrique pas le sien ? Beaucoup de cultures ont
    fabriqué un fascisme, pourquoi voulons nous que les cultures d'Islam ne fabriquent pas les leurs ?

    L'anti-racisme en France a malheureusement mené une grande partie de la gauche à se montrer complaisante envers les intégrismes qui viennent du monde musulman; ce qui signifie qu'on continue à regarder ce monde au prisme des rapport de la France envers ses propres émigrés. Dangereux amalgame...

    PS/
    Il y a beaucoup de poésie, et de la plus belle, dans ce blog. J'ai parlé de la sexualité des poètes arabes, de Tîfachî, etc. Je reviendrai avec de plus beaux morceaux traduits par l'inénarrable René Khawam Mais je dois malheureusement terminer la série des horreurs, avec un long essai, sinon de rationalisation, du moins de compréhension

    Posté par Naravas, 09 août 2009 à 19:23
  • Islam & excès des hommes

    Naravas si je trouve que vous présentez plutôt convenablement ces histoires de criminels, je dois dire que votre connaissance des religions est confuse. Le vrai Islam, c'est celui du Coran, donc il existe. Ce n'est pas la religion qui a fabriqué le fanatisme et autres excès mais bien les hommes car c'est eux les acteurs. Vous vous souvenez de moi je pense.

    Posté par Un croyant, 10 août 2009 à 00:59
  • Vrai islam

    @ Croyant
    Oui, je me souviens de toi. En fait, ta réponse est celle de tous les Arabes, croyants et gouvernants. Mais le distinguo que tu fais entre ce qui vient de Dieu (Coran) et ce qui vient des hommes est factice. Aucun Mashaf ne s'interprète lui-même, il faut des hommes pour le déchiffrer, le comprendre, le commenter, etc. Un livre est dépendant de son interprète et de la somme des interprétations qui en sont faites dans le passé. Aujourd'hui, quand on "comprend" le Coran, on le fait massivement au travers des idées religieuses qui ont été élaborées par des hommes (comme toi et moi) du VIIe au XVeme siècles approximativement. C'est Tabari qui t'a appris à donner sens au mot "Khoumour" ou "sidjîl", sinon tu n'aurais rien compris à ton Coran. Or, l'ignorer, c'est émettre des idées simples sur la religion, des idées simples aux conséquences parfois dangereuses...

    Posté par Naravas, 11 août 2009 à 01:19
  • Fiction

    Je ne suis ni Arable ni gouvernant. Oui bien sûr que l'homme intervient puisque sa relation avec le Coran et les Hadiths véridiques est indispensable, sinon à quoi serviraient-ils. Mais le vrai est que si l'homme se contente de lire et appliquer ces textes sans rien changer alors plus d'excès. Cependant relève de la fiction d'imaginer que ce sont ces hommes comme Tabari par exemple qui ont pu forger ne serait-ce qu'une part de la langue arabe et donc des sens et idées qui en découlent. L'histoire le prouve. Ainsi l'ignorer n'aurait aucune conséquence dangereuse.

    Posté par Un croyant, 11 août 2009 à 08:47
  • Conception statique ou dynamique de la religion ?

    @ croyant

    Je ne présume rien sur ce que tu es, je relève juste que la "posture intellectuelle" que tu évoquais est aussi celle des gouvernants arabes.

    C'est bizarre que tu traites le Coran de cette façon, comme si c'était le lieu d'un sens clair, sans équivoque, fixe, et que le seul effort qu'aurait à faire le croyant serait de "l'appliquer" (je te cite). "Lire et appliquer sans rien changer" ne serait-ce pas la même attitude littéraliste que celle qui nourrit le fondamentalisme religieux ? Le Coran serait donc un texte qui contiendrait des significations immobiles, fixées ad vitam eternam par son auteur, Dieu Tout Puissant. Le croyant, destinataire de ce texte, aurait à se comporter comme un automate, il mettrait en exécution les consignes qui lui ont été transmises par le programme coranique...

    En réalité, jamais, dans le domaine des gens qui réfléchissent, c'est à dire dans le domaine de la recherche, jamais on souscrit à de telles positions. Il faut s'éloigner de la réflexion, aller chez les promoteurs de Dogmes surranés ou chez les fondamentalistes, pour rencontrer quelque chose d'équivalent. Au contraire, le dernier des islamologues te dirait qu'une guerre intellectuelle constante est livrée entre les spécialistes et même entre les groupes sociaux (intéressés par l'islam) au sujet du moindre mot, du moindre verset du Coran, et surtout du sens à leur donner !!! Ce sens, loin s'en faut, ne va pas du tout de soi. C'est un gigantesque conflit d'interprétation qui se produit. Et dire, dans ce contexte, que le "vrai islam" est ceci ou cela équivaut à dire "le vrai islam, c'est le mien [sous-entendu : celui des autres est mauvais ou faux]". Le hic, ce sont tous les groupes en conflit qui disent la même chose (ou presque)...
    C'est pour cela qu'un "vrai islam" est une fiction, ce qui existe dans la réalité ce sont les conflits intellectuels à propos du sens à donner au Coran.

    Cette question ne fait pas débat.

    NVS

    Posté par Naravas, 11 août 2009 à 18:49
  • Conception réelle de la religion

    D'accord alors on s'est compris sur ma personne. Le Coran est bel et bien fixe, clair et sans équivoque comme vous dîtes. L'appliquer c'est s'éloigner du mal comme par exemple celui que tu présentes. Maintenant il ne s'agit pas d'être un automate et de fermer l'intellectualisme loin de là, ce n'est pas l'idéologie du croyant et du Coran. Mais plutôt d'être un acteur dans le chemin de Dieu, réfléchir sur ce qui nous a envoyé, devenir savant avec toute sorte de sciences pour mieux aider notre société. Effectivement il peut y avoir des conflits d'interprétation mais cela n'est que l'erreur des hommes, et s'ils se divisent c'est encore leur faute. Ainsi le vrai Islam est bien celui de Dieu dans ses textes, il existe donc et l'homme doit le chercher.

    Posté par Un croyant, 11 août 2009 à 20:49
  • L'unique et le vrai

    Le conflit d'interprétation n'est pas une fitna, c'est le destin normal des textes, a fortiri des textes religieux. L'erreur est de croire qu'il existe une interprétation vraie, monolithique, immobile et intangible. C'est aussi le danger, les fondamentalistes nous l'ont beaucoup montré... C'est toujours au nom d'une vérité unique que les innocents sont assassinés, jamais au nom d'une interprétation plurielle et ouverte.

    Posté par Naravas, 11 août 2009 à 21:53
  • Fiction 2

    Mais non Naravas, le conflit d'interprétation n'est pas toujours le destin normal des textes. Si je vous écrie : " Voler c'est mal " . Il existe bien une seule interprétation possible, que voler est un mal. Il n'y a pas de danger à établir cela. Si des innocents ont été assassinés c'est à cause d'ambitions étrangères à cette recherche du vrai. Êtes-vous si naïf? Ce n'est pas une question d'ouverture ici mais de réalisme. Et puis l'interprétation plurielle a aussi son lot de meurtres, voyez un peu l'histoire.

    Posté par Un croyant, 11 août 2009 à 22:31
  • La fiction entraîne la confusion

    Les crimes passionnels au sens purement idéologique sont très rares, généralement derrière tous ses assassinats il y a des ambitions. Et c'est parce que vous imaginez à partir des faits réels que vous ne saisissez plus la réalité.

    Posté par Un croyant, 11 août 2009 à 23:02
  • Un texte est rarement univoque

    Alors, pour la plaisanterie, un énoncé comme "voler c'est mal" n'est pas aussi univoque que cela. Par exemple, cela peut signifier que voler avec des ailes, essayer d'imiter l'oiseau, est une chose répréhensible du point de vue de tel théologien . On a vu sortir bien des bêtises de la bouche de théologiens, pourquoi pas celle-ci.

    Pour parler plus sérieusement, il te manque une théorie du texte. Un texte n'est pas un langage formel, logique et univoque. C'est du langage en acte, ce qui signifie ambiguités, indéterminations, sous-entendus, métaphores, analogies, etc.

    Or, le Coran est un texte et c'est pourquoi il n'est jamais univoque. A moins d'être sectaire et de penser que seule son interprétation correspond à la vérité.

    Posté par Naravas, 11 août 2009 à 23:28
  • PS/

    PS/
    Il faut savoir que la théologie est elle-même un grand effort humain (voire surhumain) pour dissiper l'ambiguité essentielle des textes religieux. Sinon, on comprend rien au jeu. Pourquoi a-t-on en effet besoin de théologiens, de commentateurs, de philologues, de professionnels de l'interprétation, si les textes étaient eux-mêmes clairs et univoques ? Il aurait suffit de lire, n'est ce pas ?

    Posté par Naravas, 11 août 2009 à 23:56
  • C'est de l'humour quoi

    Et bien vous voyez avec cette plaisanterie vous avez démontré le caractère univoque de ma phrase. Pourtant avec votre sérieux, il y a bien des confusions dans ce que vous appelez la théorie du texte, il est évident qu'avant de fixer une interprétation il faut étudier le texte dans la profondeur. Sachez que le mot sectaire ne correspond pas du tout à l'idée que vous énoncez. Enfin, ne pas savoir à quoi sert un professionnel c'est vraiment, une plaisanterie!

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 00:36
  • PS:

    Moi j'ai très rarement lu des textes équivoques. Et bien peu de gens ont rapporté comme toi que rare était le texte univoque.

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 10:49
  • Fin du PS:

    Pour être exacte très très peu de gens ont rapporté comme vous que rare était le texte univoque, et souvent on se rend compte qu'eux aussi ont des ambitions...

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 11:02
  • Conclusion :

    Les textes équivoques sont rarissimes et le Coran n'en fait pas parti.

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 12:13
  • Il en est de même pour le Livre.

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 12:16
  • Au départ il y a le Verbe

    Chers amis,
    Pardonnez-moi de m’immiscer dans votre dialogue fort intéressant.
    Permettez-moi de vous rapporter une émission radiophonique fort écoutée en Tunisie et qui s’appelle EZZAITOUNA. C’est une radio qui se dit musulmane soft. En une semaine de vacances à Tunis j’ai appris une foule de choses :
    - Quand un flic m’arrête en bagnole, je mets cette station à fond le volume. Quand j’ouvre la vitre de mon automobile le flic n’entend pas ce que je dis. Et je ne l’entends pas non plus. Souvent il me demande en hurlant de baisser le volume et je lui réponds en hurlant que rien n’est au dessus de la parole d’Allah et qu’il n’est pas question que je baisse le volume. Le plus souvent constatant la difficulté de la communication il baisse les bras et me laisse partir sans m’ennuyer. Et cela me fait rire.
    - Le Coran ne raconte pas une histoire. Il n’est pas non plus un code civil ou pénal… Il est une juxtaposition de messages souvent sans relation entre eux et ponctués de remise à l’ordre. J’ai pu constater que le mot âdhab (châtiment, supplice) est omni présent. Je le savais, et c’est confirmé, que le Livre est une compilation quasi comptable des bienfaits et des malfaçons dont on peut être redevables. En outre certaine phrases (versets ?) n’ont pour moi aucun sens, probablement à cause de mon inculture ancrée. Ainsi les bienfaits donnent un ajr (récompense, salaire ?) et les malfaçons donnent un âdhab alim.
    - La récitation du Coran ne se fait pas sur le même ton au Maghreb et au Machrek. Les écoles maghrébines privilégient le la, voire le la mineur, alors que l’école Azharienne le récite plutôt en si bémol voire en si. Par ailleurs le timbre des voyelles n’est pas le même selon la consonne qui précède…etc.… Mais ceci est il de l’Islam ou de l’art ?
    - Il y a les prières, il y a les prières longues (qui donnent un ajr) et il y a les prières à possibilité de raccourcissement (taksir). Il y a des conditions pour le taksir, selon l’heure de la prière ou la situation. La position des membres inférieurs jouent un rôle capital dans la prière. Si pendant la prière on se retourne alors de deux choses l’une : ou bien le geste est volontaire alors la prière est nulle et on doit la reprendre à zéro, ou bien le geste est involontaire (un bruit, une sollicitation incongrue) et alors là de deux choses l’une : ou bien les pieds n’ont pas bougé et alors on peut poursuivre la prière, ou bien les pieds ont bougé alors il faut reprendre la prière à zéro. Mais ceci est il de l’Islam ou de la gymnastique ?
    - Il y a manifestement autant d’individus que d’Islams différents. Allah a-t-il voulu cela ? Peut-on sortir le Verbe de son contexte ? Peut-on sortir le Verbe de son accomplissement ? Peut-on croire qu’Allah compte chaque prière et sa longueur et la position des pieds de chaque musulman priant ?
    Il y a le Texte. Et son alphabet. Et sa syntaxe. Et sa lecture. Et ses mots. Et leur sens. Et leur étymologie. Pour les chinois jusqu’aux confins de la Patagonie. Autant de musulmans. Autant d’Islams.
    Qua la Paix d’Allah soit sur vous.
    MALI

    Posté par MALI, 12 août 2009 à 16:42
  • Expériences révélatrices

    Mali tu n'a pas à être pardonné, c'est normal de s'exprimer. Votre histoire de policier est tout à fait un exemple des travers d'une société, rien avoir avec la religion. Sur ta compréhension du Coran, il y a certes du travail pour que tu comprenne mieux mais c'est comme toute étude. Pour le chant des versets, je ne vois pas où est le problème. Pour la prière le Coran est très clair, mais des faux hadiths sont venus compliqués tout ça, mais tu vois même le faux est sans équivoque. Et c'est bien là le défaut de ton raisonnement de considérer que les erreurs des uns et des autres forgent des islam, en réalité ce n'est pas l'Islam car il est universel notamment de par son texte. Paix d'Allah sur vous aussi.

    Posté par Un croyant, 12 août 2009 à 17:57
  • Diversités

    @ Croyant :
    Ok, j'ai lu. Je pense que nous n'avançons pas beaucoup dans la discussion, à cause du manque d'arguments nouveaux.

    @ Mali
    Tes histoires sont édifiantes, tout est diversité dans l'islam. Mais je crois que "un croyant" veut te faire dire exactement le contraire lol ! Les hommes utilisent ce qu'ils appellent islam pour tout, y compris pour échapper aux contraventions routières mdrrrr!

    Que la paix soit sur vous deux !

    NVS

    Posté par Naravas, 13 août 2009 à 00:45
  • Ce n'est pas vrai Naravas.

    Je n'ai jamais dit qu'il n'y a pas de diversité dans l'Islam mais il y a une base intangible. Et puis je pense que déjà ces quelques arguments méritent d'être étudié avant d'en rajouter. Désolé pour les fautes linguistiques de ces derniers commentaires écrits rapidement car je fais d'autres choses en même temps...

    Posté par Un croyant, 13 août 2009 à 02:25
  • Cela dit

    Paix d'Allah sur vous aussi Naravas.

    Posté par Un croyant, 13 août 2009 à 02:53
  • Salut Naravas,

    "En général, les gens invoquent les raisons suivantes pour se taire :
    - Cela donne une mauvaise image de l'islam; Le "vrai islam" n'a rien à voir avec ces extrémistes.
    - Cela s'est terminé, c'est du passé, qu'on n'en parle plus;
    - Il faut en dire le moins possible, les extrémistes sont partout.
    - Cela est spécifique aux Algériens, l'islam politique a donné de beaux résultats ailleurs, comme en Turquie."

    Je ne suis dans aucun de ces cas de figure, j'ai simplement saturé à la lecture des atrocités décrites.
    Et pour ce qui est de tes articles sur Tîfachi, etc, pour qui tu me prends... je les ai déjà lus!

    Sinon "Un croyant" a de la chance de ne lire que des textes univoques dans sa vie. Les seuls qui entrent dans cette catégorie pour moi sont les bilans financiers (et encore!) et un annuaire téléphonique.

    Posté par Malak, 13 août 2009 à 13:00
  • Le Dogme

    En fait, le Saint Coran n’est pas tombé du ciel comme une enclume sur nos pieds.
    Le Coran s’est auto fait dans le temps. Auto fait car par définition il est inné. De la même façon que pour les chrétiens Jésus est le fils de Dieu, de la même façon pour les musulmans le Coran est une émanation de Dieu. En plus le Saint Coran n’a pas été écrit, il a été dicté ou mieux encore insufflé par l’ange Gabriel à notre Saint prophète. Qui je vous le rappelle était ommi (ignorant ? inculte ? analphabète ?) d’après ses propres dires.
    Le Saint Coran a été révélé, dans des circonstances changeantes. De très nombreux versets sont littéralement descendus du ciel en réponse à des questions posées par le Prophète, à des attentes exprimées par ses compagnons. Il est le fruit de ce va-et-vient incessant (Valeurs transcendantales, ascenseur diraient certains) entre interrogations montant de la terre et prescriptions descendant du ciel. Il prescrit l’amour, la science, le désir, le ciel, et la résistance (guerre ?), le code personnel, les lois de la guerre et plusieurs autres choses fondamentales.
    Certains versets pouvant être abrogés ou « corrigés » par d'autres, le Livre est un processus vivant, par où la parole de Dieu s'est, en quelque sorte, « relue » elle-même face à des attentes humaines.
    Cependant beaucoup de versets ont du mal à être transposés au XXIe siècle. Par exemple : l'esclavage, le butin de guerre, la mise à mort des vaincus, la polygamie, les châtiments corporels, autant de pratiques liées à une époque révolue. Si le Saint Prophète vivait encore, nul doute que la Parole de Dieu aurait fait quelques va et viens afin de parfaire le message et le remettre dans son contexte. Pour le Coran l'universel est indissociable du particulier, le général impensable hors du circonstanciel. L’individu doit à chaque étape, faire la part de ce qui concerne pour toujours. Le Saint Coran, s'adressant en particulier aux Arabes du VII siècle, ne peut plus concerner le XXIe siècle.
    Le Coran doit donc être lu à la lettre de l’époque. Il est annoncé dans le verset, tiré de la sourate « les femmes » : Que Satan soit maudit et lapidé par Allah: « Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! Frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand. » (VI, 34). Faut-il lire encore ce verset dans le texte ou dans le contexte ? L’heure est elle à la flagellation ? Que reçoit notre ami « Un croyant » en lisant ces mots de Dieu ?
    Ce que certains appellent « le Dogme » était il prévu dans l’insufflation d’Allah ? Allah est il dogmatique ?
    Bon on s’égare.
    J’espère avoir convaincu qu’Islam s’écrit au pluriel. Et que tous les Islams sont légitimes à partir du moment où ils respectent les lois fondamentales de l’esprit d’Allah, de l’Homme et de la Planète.
    Que la Paix d’Allah soit sur nous tous et qu’Il nous donne un peu de sa Sagesse.
    MALI

    Posté par MALI, 13 août 2009 à 13:32
  • Connaissances indispensables

    @ Malak :
    J'avoue que je suis très surpris, on a jamais vu de plainte même petite sur le fait que les textes équivoques sont trop nombreux et tourmentent le monde. Cela vient de vous c'est sûr, sinon dans quel état serait la science aujourd'hui.

    @ Mali :
    Il ne s'agit pas d'un problème de transposition mais de compréhension des versets qui effectivement posent un dogme. Mais cela n'empêche en rien l'évolution. Et bien vous voyez je suis très loin d'être convaincu de la pluralité d'islam, et je ne suis pas le seul croyez-moi.

    Paix d'Allah soit sur nous tous.

    Posté par Un croyant, 13 août 2009 à 18:11
  • D...comme Dogme

    @ Malu :
    "...de la même façon pour les musulmans le Coran est une émanation de Dieu."
    "...J’espère avoir convaincu qu’Islam s’écrit au pluriel"

    Tous les musulmans ? La diversité dans les façons de lire, d'interpréter et d'utiliser le Coran va justement à l'encontre du Dogme, qui essaye d'imposer l'image monolithique à laquelle adhère notre ami croyant.
    Ta façon d'appréhender le Coran avec des points d'interrogation et non pas avec des vérités indiscutables me plait beaucoup. Assia Djebbar, une écrivaine algérienne, parle de "foi interrogative". Je trouve l'expression intéressante

    Posté par Naravas, 14 août 2009 à 20:55
  • L'économie des questionnements

    Bonjour Malak,

    Je n'entendais bien sur pas identifier ta position à un quelconque cas de figure, c'était juste une manière de lancer le débat sur ces questions. Croyant nous a éloigné un peu du sujet.
    Les citoyens du monde musulman restent frileux au sujet de l'intégrisme qui se développe au sein de leur religion et de leur société. Il est vrai que le post-09/11, le développement des racismes anti-arabes en Europe, et la guerre en Irak et contre les Talibans ont incroyablement compliqué les choses. Il reste que l'Algérie, dont tout le monde refuse à peu près de voir l'histoire récente, représente une somme d'évènements qui se sont produit bien avant le 11 septembre.
    "Cachez moi cette Algérie que je ne saurais voir" était et est l'attitude de tout le monde arabe, certains rares intellectuels critiques mis à part. La Tunisie et le Maroc, qui partagent une histoire et un intégrisme communs, n'ont aucune excuse. Mais l'Algérie, on ne la regarde pas, parce que ça fait trop mal et surtout parce que ça nous oblige à faire de douloureuses remises en cause chez nous, dans notre propre société, au coeur de notre propre être !
    L'Algérie oblige à se regarder dans un miroir et à se poser le problème de la réforme de l'islam dont des siècles de conservatisme ont dangereusement fait l'économie.
    Alors, l'attitude la plus économique, c'est le déni...
    Non, rien ne s'est passé là-bas, tout cela ne fut qu'une fiction [attention, je ne fabule pas, cette position idéologico-politique existe !], un mauvais sujet, une parenthèse déplacée, dont certains intellectuels ont osé nous entretenir.

    La vérité amère est que les tendances doctrinales qui ont reçu leur réalisation en Algérie colorent une grande partie les religions (officielles ou de masse) qui circulent dans le monde musulman.

    Posté par Naravas, 14 août 2009 à 21:27
  • Attention pour le dogme

    Le dogme du Livre que j'adhère, contrairement à ce qu'on peut voir ici et là, est une base qui n'impose pas de "monolithisme" mais qui a des vérités. Cependant, il ne concerne pas tout et laisse place à aux choses de la vie. Encore heureux, sinon on ressemblerait à des "automates" comme vous disiez Naravas...

    Posté par Un croyant, 15 août 2009 à 01:19
  • erratum

    Voilà ce que ça coûte de faire plusieurs choses à la fois.

    @Mali & Naravas :
    Non en réalité, les 3 monothéismes ne sont pas dogmatiques mais réaliste c'est tout, néanmoins il faut préciser qu'il existe différente forme de dogmatisme, il n'est pas forcément monolithique...

    Posté par Un croyant, 15 août 2009 à 14:53
  • réponse à Posté par MALI, 06 août 2009 à 13:10

    Cher Mr Mali,

    L’Islam prône la vie pas la mort et la récompense est donné pour le bon, le beau pas pour le mauvais, ainsi, ce n’est pas par un suicide que vous atteigniez le suprême (???). Par exemple, si une belle blonde passe à vos côtés que vous flashiez pour elle, vous croyez l’avoir dans votre lit aussi facilement (???) si cette femme n’est pas une prostituée, ni une roulure, juste une femme, une vrai qui se respecte et qui respecte l’autre avec des principes, ainsi, le paradis se gagne et c’est sur terre qu’il faut le gagner, on peut peut-être choisir un chemin si, nous ne connaissons pas l’autre et connaitre le bien et le mal est un passage qui vous facilite votre choix car, conquérir le paradis est un choix, Dieu est bon et ne laisse une liberté pour notre vie ultime, les règles sont clairs et sachez qu’au stade de l’humain, tout est limite et limité, l’infini est à Dieu, ainsi, il ne faut surtout pas négliger le fait que nous sommes des humains libérés par nos actes et non des animaux conditionnés et Dieu a insufflé une partie de lui en charge créature humaine (la meilleur de notre être intérieur) et pour atteindre le paradis, il faut tout faire pour acquérir et conquérir l’éternel, l’infini, la divinité humaine et de là s’élever et être près de Dieu, pour s’en approcher nous devons respecter les règles terrestres instaurées son altesse sérénissime…

    SALUTATIONS CORDIALES

    Posté par mémé, 22 février 2013 à 19:14

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